L’IPO de Deutsche AM demeure une perspective lointaine
Le patron de Deutsche Bank, John Cryan, l’a assuré lundi : «la motivation principale de l’introduction en Bourse de Deutsche AM n’est pas de générer du capital». Si l’IPO s’intègre dans le cadre d’un programme visant à libérer 2 milliards d’euros de fonds propres, elle devrait en effet être bouclée d’ici deux ans, un horizon lointain pour traiter des problèmes de capitalisation. La perspective de cette cotation pourrait faire passer auprès des actionnaires une quatrième augmentation de capital depuis 2010.
A l’instar de l’IPO d’Amundi, dévoilée en juin 2015 par le Crédit Agricole et la Société Générale, l’annonce de Deutsche Bank intervient dans un contexte de marchés actions porteurs, mais la dynamique intrinsèque des deux gérants est diamétralement opposée. A fin juin 2015, Amundi avait collecté 46,6 milliards d’euros, quand Deutsche AM décollectait 41 milliards sur l’ensemble de 2016, dont 13 milliards au quatrième trimestre.
Valeur plus visible
«Deutsche AM demeure une partie intégrante de notre modèle économique même si une IPO partielle lui donne davantage d’indépendance opérationnelle», a souligné John Cryan. Le dirigeant estime que l’opération future générera du capital et rendra «plus visible» la valeur du gérant d’actifs, mais espère avant tout qu’elle lui permettra d’être davantage séduisant pour attirer les talents et mener plus facilement de la croissance externe, à l’instar de l’acquisition d’UniCredit par Amundi.
Alors qu’Amundi traite à environ 13,6 fois ses bénéfices 2018, contre 13,9 fois et 15 fois pour les britanniques Aberdeen et Schroders, les analystes demeurent prudents sur le cas Deutsche AM. Sur la base d’une cession de 25% du capital, JPMorgan retient un PER de 12 fois et calcule une valorisation de 6,3 milliards d’euros, là où le premier gérant européen totalise 9,3 milliards. Un rapport en ligne avec les encours sous gestion, qui totalisent 706 milliards d’euros chez Deutsche AM contre 1.083 milliards pour Amundi.
Sur le plan financier, Deutsche AM génère des revenus plus de 1,5 fois supérieurs à ceux d’Amundi une fois les comptes 2016 du gérant allemand retraités de la vente d’Abbey Life. La structure des coûts est en revanche nettement à l’avantage du gérant français, avec un ratio d’exploitation de 52% contre 70% pour l’allemand. Paradoxalement, l’un des points forts de Deutsche AM réside dans sa position de numéro deux européen des ETF, en forte croissance.
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