Le rachat de Pioneer concrétise l’intérêt de coter Amundi
Pioneer sera finalement la propriété intégrale d’Amundi. Alors que certaines sources laissaient entendre qu’UniCredit pourrait conserver une participation, ou prendre une part dans le nouvel ensemble, le gérant français va finalement acquérir 100% du capital du gérant transalpin pour 3,5 milliards d’euros. Comme attendu, le financement comprend une part en actions nouvelles, de 1,4 milliard d’euros, ainsi qu’un volant de dette senior et subordonnée de 600 millions d’euros.
«UniCredit voulait dès le départ maximiser le montant de capital généré par cette opération», souligne un des acteurs de la cession. Alors qu’elle doit présenter aujourd’hui son plan stratégique dont une probable augmentation de capital massive, la banque italienne va aussi toucher un dividende exceptionnel de 315 millions d’euros de la part de Pioneer. Un «partage moitié-moitié» de l’excédent de fonds propres réglementaires du gérant, qui conserve 500 millions de capital.
Dans un contexte de taux négatifs qui rend les liquidités coûteuses, Amundi utilisera l’intégralité de son surplus de capital de 1,5 milliard d’euros à fin septembre. Grâce au levier intégré dans le montage, l’augmentation de capital conduira à une «dilution plus limitée que nous ne l’anticipions», note Kepler Cheuvreux. A l’issue de l’opération, qui s’annonce comme l’une des plus importantes à Paris en 2017, la part de Crédit Agricole SA pourrait baisser de 75% jusqu’à 66,7%.
«L’acquisition de Pioneer devrait permettre de concrétiser plus rapidement que prévu la capacité de croissance externe relutive fournie par la cotation», relève Oddo, qui est passé à l’achat sur Amundi. Les marchés ont bien accueilli la concrétisation de la thématique des économies d’échelle présentée fin 2015 lors de l’introduction en Bourse. Malgré un prix généreux, Amundi sera en effet en mesure de dégager un ROI de 10% sur son investissement, supérieur au coût du capital.
L’apport de Pioneer permettra à Amundi de gonfler dès 2017 son bénéfice par action de 30%, ce qui compensera une dilution de l’ordre de 20% sur la base de la précédente clôture. Le groupe prend ainsi de l’avance par rapport à son objectif de hausse de 5% de son bénéfice chaque année. Malgré l’appel de fonds d’Amundi, prévu au premier semestre 2017, l’attrait des synergies et d’un taux de distribution des bénéfices généreux et confirmé de 65% a fait grimper l’action de 5,31%.
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