La nouvelle baisse du Livret A rapportera plus de 1,7 milliard d’euros aux banques
Avec la baisse de l’inflation, la chute du taux des livrets réglementés se poursuit. Sur recommandation de la Banque de France, Bercy a annoncé jeudi que celui du Livret A et du LDDS passerait de 1,7% actuellement à 1,5% au 1er février. Le taux du Livret d’épargne populaire (LEP), accessible sous conditions de ressources, diminuera de 2,7% à 2,5%.
Ces niveaux sont supérieurs à ce qu’aurait supposé une application stricte de la formule de calcul. Celle-ci tient compte de l’inflation et du taux à court terme €STR et elle aboutissait à un taux de 1,4% pour le Livret A et de 1,9% pour le LEP. Ce coup de pouce profitera aux épargnants, moins aux banques, qui bénéficieront malgré tout largement de la baisse de la rémunération des livrets réglementés.
BNP Paribas, BPCE, le Crédit Agricole, la Société Générale et consorts assument en effet une bonne partie du versement des intérêts liés à l’épargne réglementée, à hauteur de 40% pour le Livret A/LDDS et de 50% pour le LEP.
La diminution des taux va ainsi directement réduire leur facture en la matière. En 2025, celle-ci s’est élevée au global à plus de 6,5 milliards d’euros, selon des calculs de L’Agefi effectués en retenant un taux moyen de 2,16% pour les Livrets A/LDDS, de 3,21% pour le LEP et des encours moyens de 607 milliards et 81 milliards d’euros, respectivement. En 2024, le coût avait atteint 8,8 milliards d’euros.
1,76 milliard d’euros
Pour 2026, en supposant un maintien des taux à leurs niveaux prévus pour février et une stabilité des encours, la facture totale diminuerait à 4,78 milliards d’euros. Le gain pour les banques devrait ainsi s’élever à 1,76 milliard d’euros par rapport à 2025. Les distributeurs historiques de ces produits, la Banque Postale et BPCE, devraient être les premiers bénéficiaires du phénomène. Au sein des groupes cotés, la Société Générale et le Crédit Agricole en profiteront plus que BNP Paribas.
Le gain aurait été de l’ordre de 400 millions d’euros supplémentaires si les formules de calcul avaient été appliquées à la lettre. Pas de quoi toutefois perturber outre mesure les cours de Bourse des sociétés concernées. Au contraire, en fin de matinée, la Société Générale gagnait 1,1%, le Crédit Agricole 0,9% et BNP Paribas 0,8%.
Largement anticipé et sans doute intégré par les investisseurs après l’exceptionnelle année boursière du secteur, la baisse des taux de l’épargne réglementée ne devrait toutefois pas avoir d’impact prolongé sur les cours de Bourse des banques françaises.
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