Un Livret A à 2,5% rapporterait plus d’un milliard d’euros aux banques
Le Livret A à 3%, c’est bientôt fini. Après deux ans de gel à ce niveau, le taux du petit livret rouge et celui de son cousin, le LDDS, devraient diminuer à 2,5% le 1er février prochain. C’est en effet ce qu’indique la formule de calcul de cette rémunération, qui tient compte de l’inflation et du taux interbancaire €STR à court terme sur une base semestrielle, mais aussi ce qu’a confirmé le nouveau ministre de l’Economie, Eric Lombard, sur France Inter lundi matin. Il s’attend à un taux «autour de 2,5%» dès le mois prochain.
Dans le même temps, le livret d’épargne populaire (LEP) devrait, lui aussi, voir son rendement diminuer. Son taux est indexé sur l’inflation, qui est tombée sous 2% en France en août dernier, ou sur celui du Livret A, augmenté de 0,5 point de pourcentage. L’application de la formule fera sans doute ressortir une rémunération de 3% au 1er février prochain, contre 4% actuellement. Comme en juillet dernier, le gouvernement pourrait toutefois faire un geste en ne réduisant qu’à 3,5% ce taux qui bénéficie aux épargnants aux revenus les plus modestes.
Ces réductions de rendement ne feront pas les affaires des épargnants mais elles devraient profiter aux banques françaises qui ont été sensiblement pénalisées ces dernières années par la forte hausse des taux des livrets réglementés.
De 8,8 à 7,7 milliards d’euros
Pris dans leur ensemble, les établissements français assument en effet 40% du coût des rendements du Livret A et du LDDS et 50% de celui du livret d’épargne populaire. L’an dernier, cela a représenté un montant d’environ 8,8 milliards d’euros selon les calculs de L’Agefi, en retenant des encours moyens de 580 milliards d’euros pour les Livret A/LDDS et 77 milliards pour les LEP pour des taux moyens de 3% et 4,67%, respectivement.
En retenant un Livret A/LDDS à 2,5% à compter du mois prochain et un LEP à 3,5%, cette facture diminuerait de l’ordre de 1,1 milliard d’euros en 2025, à 7,7 milliards d’euros, en supposant une légère hausse des encours à 610 milliards d’euros pour les Livret A/LDDS et à 82 milliards pour les livrets d’épargne populaire.
A lire aussi : Fonds en euros : la saison des rendements 2024 est ouverte
Le gain pourrait même être plus important en cas de nouvelle réduction de la rémunération du Livret A en août prochain et/ou de baisse plus prononcée de celle du LEP.
La douloureuse n’en restera pas moins largement supérieure à ses niveaux de 2021, lorsque les livrets réglementés servaient des rendements compris entre 0,5% et 1%. A l’époque, la contribution des banques s’élevait à environ 1,1 milliard d’euros.
La décrue en cours profitera en premier lieu à La Banque Postale et à BPCE, qui sont les distributeurs historiques du Livret A. Parmi les banques cotées, le Crédit Agricole et la Société Générale sont plus exposés que BNP Paribas.
Plus d'articles du même thème
-
Amundi et Banco Sabadell prolongent leur partenariat jusqu’en 2035
En 2020, la banque espagnole et la société de gestion française avaient signé un partenariat stratégique d’une durée de dix ans. -
André Lévy-Lang, l'homme qui voulait que la science serve le monde
Avec la disparition d'André Lévy-Lang, à l'âge de 88 ans, s'éteint une figure singulière de la finance française, un homme qui aura su conjuguer exigence intellectuelle, rigueur scientifique et vision du bâtisseur, se souvient Marie Brière, directrice générale de l'Institut Louis Bachelier. -
Les perspectives des banques françaises s'assombrissent
Les résultats financiers des banques françaises ont été très solides au premier semestre. Pour autant, il n’y a pas de quoi pavoiser selon Fitch Ratings qui maintient une perspective négative sur le secteur pour 2026. En cause : plusieurs facteurs de risques auxquels le Crédit Mutuel Alliance Fédérale apparaît plus exposé que les autres.
ETF à la Une
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
Contenu de nos partenaires
-
ExceptionItalie : pourquoi le Sud-Tyrol continue à faire des enfants
Grâce à sa richesse, ses services publics et un marché du travail favorable aux familles, la province autonome de Bolzano résiste mieux au déclin démographique que le reste de la péninsule -
Les hauts lieux du luxe à la française : Trégunc, dernier royaume du ciré jaune
Sur la côte sud du Finistère, à quelques kilomètres de Concarneau, les célèbres cirés Guy Cotten continuent d'être fabriqués là où tout a commencé il y a soixante ans. Une usine bretonne où l'on soude encore les vêtements de mer un à un et dont le parfum évoque les quais de pêche comme les départs des grandes courses au large. -
La malédiction du second tourSecond tour de la présidentielle de 2017 : la déroute de Marine Le Pen
23 avril 2017, 20h01. C’est officiel : Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle. Un succès ? Oui, pour celle qui mène sa deuxième campagne depuis qu’elle a pris la tête du Front national. Une surprise ? Pas vraiment : c’était l’objectif du parti d’extrême droite, déjà en troisième position cinq ans plus tôt.