Pourquoi l’€STR est toujours négatif malgré la hausse des taux
Le remplaçant de l’Eonia, qui représente le taux de rémunération des dépôts au jour le jour, navigue toujours autour de -0,58% en dépit de la remontée de la plupart des taux d’intérêt. L’explication en est purement technique.
Le niveau du taux monétaire au jour le jour européen devrait augmenter de 0,25 point de pourcentage le 22 juillet.
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Image Pete Linforth / Pixabay
Son prédécesseur, l’Eonia, qu’il a remplacé en octobre 2019, est certainement plus connu. L’€STR (à prononcer «Esther», comme le prénom), pour «euro short-term rate», est «le taux de rémunération des dépôts au jour le jour appliqué par les grandes institutions bancaires», explique Guillaume Martin, stratégiste taux chez Natixis.
Depuis sa création, il navigue entre -0,51% et -0,59%, peu perturbé par l’envolée de l’inflation et le durcissement annoncé de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui a entraîné un net rebond de la plupart des autres taux d’emprunt, celui de l’OAT 10 ans française étant par exemple passé de 0,2% à environ 2% au cours des six derniers mois. Surprenante au premier abord, la stabilité de l’€STR est en fait tout à fait normale. «L’€STR est directement lié au taux de dépôt de la BCE, qui est toujours à -0,5% aujourd’hui», indique Guillaume Martin.
L’Euribor à 3 mois, autre taux monétaire de référence, intègre déjà en partie les hausses de taux à venir en raison de sa maturité, nettement plus longue que la maturité à un jour de l’€STR. Il a ainsi fortement rebondi ces dernières semaines, passant de -0,5% en mars à -0,14% le 7 juillet. L’Euribor 6 mois est même repassé en territoire positif début juin et atteint 0,24%, contre -0,35% trois mois plus tôt.
Si l’Euribor (3 mois et 6 mois) sert de référence aux marchés obligataires et de swap en Europe, l’€STR est «une des plus grosses références sur le marché monétaire et il est également utilisé pour la rémunération des collatéraux», explique Guillaume Martin.
La Banque du Japon a maintenu son taux directeur inchangé vendredi, et tenu un discours volontairement «restrictif» en laissant entrevoir une hausse de taux en septembre ou en octobre, quelques heures seulement après que les autorités ont décidé de nouvelles interventions sur les marchés des changes, apparemment avec les Etats-Unis, pour soutenir le yen. Les effets réels sur la devise et sur les anticipations de taux apparaissaient toutefois encore limités.
L’inflation a légèrement augmenté en zone euro en juillet, moins rapidement que dans l’Hexagone. Dans les deux cas, la hausse des prix est notable dans les services - en parallèle du rebond des prix dans l’énergie - ce qui devrait renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
Comme la quasi-totalité des analystes le prévoyaient, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu inchangé son taux directeur à 3,75% jeudi, soit un statu quo pour la cinquième réunion consécutive. Mais le vote est passé à seulement 6 voix contre 3.
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