La baisse du taux du LEP ne rapportera rien aux banques en 2024
Dans un contexte politique peu favorable aux banques françaises ces dernières semaines, BNP Paribas, BPCE, le Crédit Agricole, la Société Générale et consorts bénéficient d’un léger coup de pouce de la Banque de France.
L’institution vient de proposer au ministère de l’Economie et des Finances de réduire le taux du livret d’épargne populaire (LEP) de 5% à 4% à partir du 1er août après l’avoir déjà abaissé de 6% à 5% en février dernier. Conformément à un arrêté de juillet 2023, le rendement du Livret A demeure de son côté à 3%. L’application de la formule de calcul aurait de toute façon donné un taux proche, de 3,1%, indique la Banque de France. Concernant le LEP, une application stricte de la formule aurait justifié un rendement de 3,6% mais la banque centrale a décidé de prolonger les «gestes significatifs» déjà appliqués en faveur de ce produit d’épargne accessible sous conditions de ressources.
A lire aussi : Livret A à 3% : un nouveau surcoût de 3,9 milliards pour les banques
Un gain théorique de 750 millions d’euros
Toutes choses égales par ailleurs, la baisse du taux du LEP de 2 points de pourcentage depuis janvier dernier est une bonne nouvelle pour les banques qui assument sa rémunération sur 50% de ses encours. Compte tenu d’un niveau d’encours actuel d’environ 75 milliards d’euros, un rendement à 4% plutôt qu’à 6% permet une économie annuelle de 750 millions d’euros pour le secteur.
Ce gain théorique ne se retrouvera toutefois pas dans les comptes des banques en 2024 car si elles vont servir une rémunération plus faible que l’an dernier sur ce produit (4,67% en moyenne contre 5,93%), la taille de l’assiette a, elle, fortement augmenté. Favorisé par un relèvement de son plafond de 7.700 euros à 10.000 euros en octobre dernier et par un rendement très attrayant, le LEP a en effet vu sa collecte bondir ces derniers mois. Ses encours sont ainsi passés d’à peine 50 milliards d’euros en janvier 2023 à 75,8 milliards en mai dernier.
Selon nos calculs, l’encours moyen s’est élevé à 58,6 milliards d’euros l’an dernier alors qu’il devrait être proche de 75 milliards d’euros cette année. Dans ces circonstances, le gain pour les banques lié à la baisse du taux devrait, selon nos estimations, être entièrement annulé par le surcoût dû à la hausse des encours. Après 1,74 milliard d’euros en 2023, la part des intérêts des LEP payée par les banques augmenterait même légèrement pour atteindre 1,75 milliard d’euros cette année. A moins que les encours continuent à grossir, elles devraient toutefois être légèrement gagnante en 2025.
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