La Société Générale dépasse le cap des 50 milliards d’euros en Bourse
En un an, la Société Générale sera passée du statut de mauvais élève des banques européennes à celui de chouchou des investisseurs. Dans l’intervalle, le groupe dirigé par Slawomir Krupa a vu son cours de Bourse s’envoler de 147% quand celui de l’indice Euro Stoxx Banks gagnait 77%.
Le 17 décembre, soutenue par une note favorable des analystes de Bank of America, la banque de la Défense a même dépassé le seuil des 50 milliards d’euros de capitalisation. A près de 51 milliards d’euros, elle talonne désormais le Crédit Agricole, qui pointe à 52,6 milliards. En termes de multiples de valorisation, elle dépasse même BNP Paribas sur plusieurs indicateurs. Le groupe capitalise 0,74 fois son actif net et 9,1 fois son profit net, contre 0,72 fois et 7,1 fois pour la plus grande banque de la zone euro, selon les estimations de Bloomberg pour 2026.
Après un mauvais accueil initial, la stratégie déployée par Slawomir Krupa depuis septembre 2023 porte ses fruits. La Société Générale a réduit ses coûts et a abaissé son coefficient d’exploitation de 73,3% en 2023 à 63,3% à fin septembre dernier, et recentré ses activités en sortant notamment de nombreux pays africains. Même les efforts de rémunération consentis en début de semaine en direction des salariés français n’ont pas infléchi l’opinion des investisseurs quant à la capacité de la banque à poursuivre ses efforts d’économies.
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Du potentiel avec BoursoBank
Les analystes de Bank of America (BofA) continuent ainsi à anticiper un redressement de la rentabilité de la Société Générale avec un retour sur capitaux propres tangibles (ROTE) qui pourrait atteindre 13% en 2028, contre 10% en 2025. Une perspective que les spécialistes de la banque américaine jugent «ambitieuse mais crédible». Elle reposerait notamment sur «une discipline de fer en matière de réduction des coûts et d’efficacité du capital».
A terme, BofA envisage une convergence entre le réseau de banque de détail de SG et BoursoBank en faveur de ce dernier. «Le coût de service structurellement plus bas chez BoursoBank par rapport aux réseaux physiques offre une voie crédible vers un meilleur rendement du capital alloué pour les activités de détail en France et une baisse du coefficient d’exploitation à moyen terme», estiment les analystes.
Ils préviennent toutefois que le succès de cette transition reposera sur la capacité de la banque à préserver les revenus générés par le réseau SG tout en réduisant sensiblement le nombre d’emplois à temps plein. «Si l’attrition naturelle élevée chez la Société Générale offre une certaine marge de manœuvre, une politique de non-remplacement rigoureuse et disciplinée sera essentielle», préviennent les spécialistes de BofA.
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+62% d’ici 2028
En attendant, ils se montrent particulièrement optimistes sur l’évolution de l’action. Ils visent un cours à 85 euros, 27% au-dessus de son niveau actuel, et logent le titre dans leur liste de 25 valeurs à détenir pour 2026.
La semaine dernière déjà, les analystes d’UBS avaient placé la Société Générale dans leur sélection de banques européennes favorites pour l’an prochain tout en relevant leur objectif de cours sur l’action de 62 à 70 euros. «Nous prévoyons une croissance du bénéfice net par action de la Société Générale de 62% entre les exercices 2025 et 2028, soit la deuxième plus forte progression au sein de notre univers de couverture après Julius Baer», indiquent les spécialistes de la banque suisse.
La performance boursière enregistrée ces derniers mois par la banque au logo rouge et noir risque toutefois d’être difficile à reproduire.
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