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Investir pour combattre la pollution plastique
La pollution plastique est devenue une menace systémique. Elle infiltre nos océans, nos sols, notre alimentation, et désormais notre corps : des microplastiques ont été détectés dans le sang, les poumons, et même dans le lait maternel. Les impacts sont multiples. Sur le plan environnemental, les plastiques perturbent les écosystèmes marins et terrestres, tuent des millions d’animaux chaque année et contribuent à la dégradation des sols et des eaux. Ils libèrent des substances toxiques qui s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Sur le plan sanitaire, les microplastiques et les additifs chimiques qu’ils contiennent — perturbateurs endocriniens, phtalates, bisphénol A — sont associés à des risques accrus de maladies chroniques, de troubles hormonaux et de complications respiratoires. La pollution plastique affecte aussi l’économie : elle génère des dépenses massives de dépollution, menace des secteurs comme la pêche et le tourisme, représente un coût en matière de santé publique, et est un facteur accentuant les inégalités sociales.
Ce fléau environnemental et sanitaire appelle, malheureusement comme d’autres fléaux, une réponse urgente et à la hauteur des enjeux. Dans cette optique, les gestionnaires d’actifs et les investisseurs au sens large ont un rôle à jouer en qualité de financeurs.
A lire aussi : L’absence de traité international sur le plastique contrarie les projets des investisseurs
Après l'échec de Genève
En août dernier, 180 institutions financières représentant 17,2 trillions de dollars d’actifs, parmi lesquelles Ofi Invest Asset Management, se sont unies pour appeler les gouvernements à adopter un traité mondial juridiquement contraignant contre la pollution plastique à l’occasion de l’INC-5.2 à Genève. L’INC — Comité intergouvernemental de négociation — a été mis en place par l’ONU en 2022 pour élaborer un accord international visant à encadrer l’ensemble du cycle de vie des plastiques, de la production à l’élimination, afin de réduire leur impact sur l’environnement et la santé humaine.
Malgré l’urgence, les négociations se sont conclues sans accord. D’un côté, la coalition dite « High Ambition », regroupant plus de 100 pays, plaidait pour un traité ambitieux incluant des plafonds de production, des restrictions sur les produits chimiques préoccupants, et des mécanismes de conformité robustes. De l’autre, plusieurs pays producteurs de pétrole et de plastiques, soutenus par certains industriels, ont freiné les discussions, refusant notamment toute limitation sur la production de plastique vierge.
Pour autant, l’échec de l’INC-5.2 ne signe pas la fin du processus. Il est impératif que les États reviennent à la table des négociations avec une volonté renforcée de bâtir un cadre contraignant et sécurisant, intégrant la prise en compte des enjeux et l’apport de solutions.
Sans action urgente, la production mondiale de plastique pourrait tripler d’ici 2060. Ce scénario aggraverait les dommages environnementaux, sociaux et économiques déjà observés.
En tant que gestionnaires d’actifs, nous avons la capacité — et la responsabilité — d’orienter les capitaux vers des modèles économiques durables, respectueux de l’environnement et des contraintes sociales.
Chez Ofi Invest Asset Management, nous intégrons les risques liés aux emballages plastiques dans nos stratégies d’investissement, soutenons des initiatives comme la responsabilité élargie des producteurs (EPR), et dialoguons avec les entreprises pour les inciter à réduire leur dépendance au plastique à usage unique. Nous accompagnons ainsi des entreprises qui développent des solutions industrielles pour améliorer le tri et le recyclage des plastiques, ou qui investissent dans l’augmentation de leurs capacités de traitement.
Filiale d’Ofi Invest, Swen Capital Partners, dans le cadre de sa stratégie Swen Blue Ocean, investit dans des solutions qui réduisent la pollution plastique à la source : des matériaux biodégradables issus de déchets agricoles remplaçant les plastiques conventionnels, des modèles de distribution en vrac et consigne qui éliminent les emballages à usage unique, et des produits de soin rechargeables conçus pour limiter drastiquement les déchets plastiques du quotidien.
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L’exclusion des pratiques nuisibles ne suffit pas
Nous croyons qu’il ne suffit pas d’exclure des pratiques nuisibles, mais qu’il faut aussi encourager activement les solutions de remplacement. Cela passe par le soutien à l’innovation dans les matériaux alternatifs, le financement d’infrastructures de recyclage, et l’accompagnement de la transition vers une économie durable. Nos stratégies d’investissement thématiques, nos engagements actionnariaux et nos partenariats internationaux reflètent cette ambition. Le concept de trajectoire de déplastification porté par les ONG ClientEarth, Surfrider Foundation et Zero Waste Franc, nous paraît intéressant et devrait à l’avenir être traité au même niveau d’attention que les trajectoires de décarbonation.
Le travail des signataires de la Déclaration sur la pollution plastique, portée par l’UNEP FI, les Principles for Responsible Investment et Finance for Biodiversity, est aussi fondamental, tout comme l’engagement des investisseurs, des citoyens et, in fine, des consommateurs.
Si nous n’agissons pas vite, le coût et les dommages ne feront qu’augmenter ainsi que les coûts liés à la restauration des écosystèmes. La finance responsable et durable est un levier puissant qui doit s’inscrire dans une dynamique collective.
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