Emmanuel Macron dément souhaiter un rachat de la Société Générale
En quelques mots, Emmanuel Macron avait fait la journée boursière de la Société Générale le 14 mai dernier. Son action avait bondi de 3,8% après que le président a estimé, en réponse à une question de Bloomberg, qu’un rachat de la banque française par l’Espagnol Santander ferait «partie du marché, agir comme européen signifie qu’il faut une consolidation européenne». Il avait également semblé appeler de ses vœux une consolidation bancaire à l’échelle de la zone euro, estimant que «nous avons besoin d’une consolidation et nous avons aussi besoin d’un vrai marché domestique [européen]».
De quoi relancer la spéculation sur un mouvement de concentration entre banques européennes, alors que BBVA tente de mettre la main sur son compatriote Sadabell, et que, dans une telle perspective, la Société Générale ferait plus figure de proie que de prédateur.
Dans une interview accordée à L’Express, Emmanuel Macron a toutefois fortement nuancé l’interprétation qui a été faite de ses propos. «Je n’ai pas dit que je souhaitais une consolidation. Je n’ai ni à la souhaiter ni à la bloquer», a-t-il indiqué avant, néanmoins, de préciser qu’«on ne peut pas dire qu’on est pour l’union des marchés de capitaux et l’union bancaire, et dire qu’on va faire, entre Européens, du protectionnisme».
Jamais je n’ai nourri ni ne nourrirai quelque spéculation sur quelque groupe français que ce soit
Concernant la Société Générale, le président a estimé, sans nommer le nom de la banque, ne pas avoir «parlé d’un cas spécifique, ce serait très mal venu». «Jamais je n’ai nourri ni ne nourrirai quelque spéculation sur quelque groupe français que ce soit. Je parlais de manière générique. Si on dit qu’on est pour l’union bancaire et l’union des marchés de capitaux, on est pour que les acteurs européens s’organisent de manière optimale entre eux. Le reste, c’est la vie des affaires, ça ne me concerne pas», a-t-il ajouté.
En réaction à cette mise au point, l’action Société Générale réagissait peu en Bourse mercredi et elle gagne encore 4,6% sur son cours de clôture du 13 mai dernier.
Le directeur général de la banque, Slawomir Krupa, sera à n’en pas douter interrogé sur ce sujet de la consolidation lors de l’assemblée générale du groupe qui se tient ce 22 mai à partir de 16h, un an presque jour pour jour après sa nomination à la tête de la Société Générale.
A lire aussi : Concentration bancaire, la parole et les actes
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