Michelin veut supprimer jusqu'à 1.500 postes en France en trois ans
Michelin a dévoilé jeudi un plan de réduction de ses effectifs en France, afin de réduire sa base de coûts dans un contexte macroéconomique «fortement instable».
«Ce matin, le groupe Michelin a informé les représentants du personnel et les organisations syndicales représentatives d’un projet d’adaptation des effectifs en France, basé exclusivement sur le volontariat», a indiqué le groupe dans un communiqué.
Ce plan de départ volontaire pourrait concerner jusqu'à 1.500 postes sur trois ans, dont les deux tiers dans des fonctions tertiaires et un tiers dans l’industrie, a précisé le fabricant de pneumatiques.
Concurrence accrue
Le groupe, qui emploie près de 17.000 collaborateurs en France, a indiqué faire face à une concurrence internationale accrue, «de fortes tensions macroéconomiques et géopolitiques» mais aussi «de fortes contraintes économiques et réglementaires». «Ce projet d’adaptation en France est destiné à optimiser une structure de coûts aujourd’hui trop élevée», a-t-il expliqué.
Un accord de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) sera soumis à la négociation avec les syndicats. Il sera complété par des dispositifs de mobilité externe via des accords annuels de rupture conventionnelle collective (RCC). Les salariés français se verront ainsi proposer des parcours de mobilité interne ou externe, de reconversion et de formation vers des métiers d’avenir, a indiqué Michelin.
Cette annonce intervient un an et demi après celle de la fermeture de usines Michelin de Cholet et Vannes, qui a conduit à la suppression de près de 1.250 emplois. Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) associé à ces fermetures avait été validé l’an dernier par une majorité d’organisations syndicales.
Bénéfices sous pression
Confronté depuis plusieurs années au ralentissement du marché automobile mondial et à la concurrence des fabricants à bas coûts, Michelin a vu ces vents contraires se renforcer en 2025, et a également pâti de la hausse des droits de douane américains.
Sur l’ensemble de l’année écoulée, le chiffre d’affaires du groupe clermontois a diminué de 4,4%, à 26 milliards d’euros, et son bénéfice net a reculé de 12%, à 1,7 milliard d’euros. La société prévoit une hausse de son résultat opérationnel à taux de change et périmètre constants en 2026, ainsi qu’une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d’euros.
Selon le quotidien régional La Montagne, le nouveau plan de départs volontaires devrait s'étaler de 2027 à 2029. Un précédent guichet mis en place entre 2021 et 2023 avait conduit à 1.600 départs volontaires, sans atteindre l’objectif affiché de 2.300 départs.
Ce nouveau plan «ne remet aucunement en cause le rôle stratégique de la France pour le groupe», a précisé Michelin, qui prévoit de continuer à recruter et souligne son effort d’investissement, notamment en R&D mais également dans ses treize sites industriels en France.
Contactés par l’agence Agefi-Dow Jones, des responsables syndicaux n'étaient pas immédiatement disponibles pour apporter un commentaire.
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