La vidéo du jour : Vinci victime d’un activisme politico-financier inédit
Les attaques financières sont monnaie courante à l’ère numérique. Mais celle dont a été victime le groupe Vinci hier, ou plutôt ses actionnaires, est aussi inédite par sa sophistication que par ses motivations politiques, revendiquées mais non signées.
Elle a consisté en la publication d’une série de fausses informations, via deux faux communiqués renvoyant sur une fausse page du site de Vinci : le premier pour les annoncer, le second peu après pour les démentir.
Elles assuraient qu’un audit avait révélé des irrégularités comptables portant sur 3,5 milliards d’euros, que le groupe avait publié des comptes 2015 et semestriels 2016 erronés qui se soldaient en réalité par des pertes nettes.
Elles assuraient encore que le groupe avait licencié son directeur financier Christian Labeyrie.
Le premier puis le second communiqué ont valu au cours de s’effondrer d’abord de 20% puis de rebondir.
Une demi-heure plus tard, un second démenti, émanant vraiment de Vinci cette fois, n’a pas empêché le titre d’abandonner près de 4%.
C’est par un dernier communiqué qu’un groupe d’activistes anonyme a revendiqué «ce nouveau coup porté directement dans la bourse de ce monstre de béton».
Cette manipulation de cours politique fera date. Elle témoigne notamment d’une parfaite maîtrise de l’informatique et des circuits médiatiques.
Envoyés en pleine séance de bourse aux agences de presse anglo-saxonnes, en anglais et en français, relayés par un faux porte-parole, les communiqués ont provoqué le «flash crash» espéré par leurs auteurs.
C’est un nouveau défi pour tous ceux qui participent à l’information financière, sociétés cotées, régulateurs et médias, qui appellera de leur part un surcroît de vigilance.
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