La vidéo du jour : L’Etat actionnaire doit trancher entre ses deux logiques contradictoires
Un débat bienvenu s’est ouvert sur le rôle de l’Etat actionnaire à l’initiative de l’Institut Montaigne et de la Cour des comptes. Ce qui en ressort, c’est que l’Etat doit trancher entre deux logiques fondamentales :
celle de garant de l’intérêt national, autour de rares priorités économiques s’imposant à toutes les majorités politiques ;
et celle de l’investisseur, que les circonstances peuvent lui imposer et qu’il n’est pas fait pour gérer directement.
Dans le premier cas, l’Etat doit avoir le courage de limiter ses champs d’intervention, toujours dans une perspective européenne et mondiale. Trois paraissent évidents, tous capitalistiques : l’indépendance et la mutation énergétique, l’aménagement du site France, la défense de son territoire et de ses intérêts vitaux dans le monde. Seul une entité placée sous l’autorité du Premier ministre aurait la capacité de baliser la réflexion publique puis de la coordonner. Par exemple d’anticiper la crise du nucléaire et de lui porter remède à temps.
Les participations de contrôle à vocation régalienne lui seraient rattachées.
Quant à la logique de l’investisseur, l’instrument existe : la Caisse des dépôts, idéalement placée pour gérer les participations publiques du fait de son double contrôle exécutif et parlementaire, soit dans une logique patrimoniale via un fonds souverain à créer, soit budgétaire via sa filiale BPI France.
Cette clarification, qui irait de pair avec des règles de gouvernance adaptées à chacune de ces logiques, ne réglerait pas tout, notamment pas le cas particulier de l’audiovisuel public.
Mais elle éviterait à l’Etat bien des déconvenues, voire des ridicules, que lui valent régulièrement ses inhérentes contradictions.
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