La vidéo du jour : Les stars de la Silicon Valley pourraient connaître des temps incertains
Pas une ou presque ne manque à l’appel : les étoiles de la high-tech américaine ont été unanimes ce week-end à critiquer, de façon très inhabituelle, la mesure anti-immigration prise à l’encontre de sept pays musulmans. Cette opposition frontale ne sera pas la dernière, tant les champions de la Silicon Valley et le locataire de la Maison-Blanche ont peu en commun.
Pour motiver leur protestation, des ténors de la haute technologie ont avancé des raisons politiques et éthiques. Mais d’autres ont aussi mis en avant le frein que la mesure présidentielle mettra au recrutement des talents. C’est bien sûr de la qualité des cerveaux de ses employés, venus des quatre coins de la planète plus encore que des Etats-Unis, que la high-tech américaine tire sa puissance. En agissant ainsi, Donald Trump a mis à nu une faiblesse de leur modèle économique dans un contexte populiste. Mais il en est d’autres qui les rendent aussi vulnérables. Nombre de ces groupes sont construits sur des modèles «hyper-mondialisés», où dans la logique du «winner takes all», la priorité absolue est donnée à l’expansion internationale. Du coup, ils créent relativement peu d’emplois aux Etats-Unis, y paient peu de taxes et accumulent le cash à l’étranger. Autant de traits qui les rendent peu sympathiques à Donald Trump. Sans compter qu’ils reposent pour une proportion énorme sur la propriété intellectuelle dont le traitement au niveau commercial, sur une base multilatérale ou bilatérale, est une des questions les plus contentieuses qui soient.
La Silicon Valley, déjà dans le collimateur européen, aura bien besoin de Donald Trump sans être dans ses petits papiers. Ce ne sera pas, dans les années à venir, une position enviable.
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