La vidéo du jour : Les épargnants italiens mettent Rome en garde avant l’épreuve de force avec Bruxelles
Le gouvernement italien risque de se sentir un peu seul dans son épreuve de force avec Bruxelles. Les épargnants nationaux, invités à un véritable vote de confiance avec la dernière émission d’obligations indexées sur l’inflation, ont en effet voté la censure en début de semaine, en s’abstenant massivement de souscrire.
Avec 870 millions d’euros, leur réponse à l’émission est restée très loin des 3,7 milliards récoltés en deux jours lors de la dernière opération sur ce type de titre. On ne saurait mieux exprimer que, sur le plan financier au moins, le gouvernement ne peut pas compter sur le soutien de ses mandants.
Le vice-premier ministre Matteo Salvini a fait mine d’ignorer l’avertissement, en réaffirmant son intransigeance. Pourtant, le marché ne s’en est guère ému, considérant qu’il s’agit là d’un jeu de rôle plutôt que d’autre chose.
Son raisonnement est que la procédure de déficit excessif est longue et que chacun, après beaucoup de gesticulation, va revenir à un dialogue moins bruyant : Rome en faisant tout pour faciliter une victoire populiste renforçant sa main aux prochaines élections européennes, Bruxelles en amenant l’Italie à résipiscence avec le soutien objectif des marchés financiers.
Or si l’Italie a grosso-modo bouclé son programme de financement pour 2018, la pression recommencera à croître dès le début de l’an prochain avec 260 milliards d’euros d’émissions prévues, dont 200 pour refinancer de la dette venue à maturité.
Les investisseurs internationaux tenant le risque italien à bout de fourche, avec plusieurs dizaines de milliards d’euros cédés ces derniers mois et des spreads sur le Bund nettement supérieurs à 300 pb, les taux devraient rester tendus et sujets à de fréquentes périodes de surchauffe.
Le moral et la résistance du cabinet de coalition italien fluctuera en conséquence. Mais à la longue, s’il devait faire une croix définitive sur le soutien financier qu’il espère de ses concitoyens, emporter le bras de fer devrait s’avérer mission impossible.
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