La vidéo du jour : La mesure des risques bancaires met l’Europe et les Etats-Unis à couteaux tirés
Banques et régulateurs se sont donné un rendez-vous crucial, lundi à Santiago du Chili, sous l’égide du Comité de Bâle qui régit les règles communes aux membres du système financier mondial.
Au menu, la meilleure manière d’évaluer les risques que portent les bilans bancaires.
Un sujet technique mais si important qu’il oppose les Etats-Unis et l’Europe, au point que celle-ci se dit prête à quitter les négociations en cas d’arbitrage défavorable.
L’enjeu touche au capital que les banques devront accumuler pour faire face aux pertes possibles sur leurs actifs.
Or les européennes évaluent avec leurs propres modèles des risques qu’elles gardent le plus souvent dans leur bilan.
Les américaines au contraire les vendent sur le marché ou à des agences gouvernementales spécialisées.
Cette différence d’approche du financement de l’économie est au cœur de la polémique transatlantique.
Or les régulateurs veulent limiter l’évaluation des risques «à l’européenne» pour que la concurrence entre banques ne soit pas biaisée par des modèles internes trop accommodants.
Les régulateurs jurent qu’il n’en résulterait pas une hausse des fonds propres, déjà très élevés, qui sont exigés des banques depuis la crise financière.
Or pour les européennes, soutenues par leurs régulateurs, mettre dans le même panier tous les prêts, du plus sûr au plus acrobatique, sans distinction changerait tout.
Dans le cas de BNP Paribas, la taille du bilan à prendre en compte pourrait aller de un jusqu’à trois !
Dès lors, c’est une bataille à plusieurs dizaines de milliards d’euros de capital qui se joue pour les européennes.
Pour Deutsche Bank, c’est même une question de survie qui explique la pugnacité rare de Berlin sur le sujet !
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