La vidéo du jour : Donald Trump entend replacer le dollar au cœur de sa géopolitique économique
Le jour même du démarrage officiel de la campagne pour sa réélection, Donald Trump a lancé son attaque la plus violente, et la plus précise, contre l’eurosystème, en accusant le président de la BCE Mario Draghi de centrer sa politique monétaire sur des considérations commerciales.
Pour être inepte sur le fond, le propos n’a pourtant rien de fortuit.
Le président américain pouvait-il être plus explicite quant à sa volonté de remettre le dollar au premier rang de ses armes favorites de géopolitique économique ? Le thème de la «manipulation» monétaire s’annonce à coup sûr comme un thème dominant de ses adresses aux électeurs dans les mois qui viennent.
Les conséquences sont de plusieurs ordres : l’Europe, qui a pour l’instant réussi à laisser à la Chine le rôle d’«ennemi commercial numéro un» de Washington, est d’abord brutalement remise au cœur de la vindicte de Donald Trump.
Ses propos, évoquant notamment la hausse du Dax qui a suivi les propos de Mario Draghi, ne laissent aucun doute quant à la réalité des menaces qui planent sur les importations d’automobiles, et donc sur la vulnérabilité des exportations allemandes vers le continent américain.
On peut bien sûr arguer qu’une telle décision serait douloureuse pour les Etats-Unis aussi par les rétorsions qu’elle ne manquerait pas d’entraîner. Mais on sait que Donald Trump, au contraire d’une partie de son administration, n’est pas homme à s’embarrasser de telles considérations.
L’autre conséquence de ses attaques est bien sûr de mettre une pression maximale sur la Réserve fédérale et son président Jerome Powell. Protégé par son statut, celui-ci semble avoir tous les moyens de résister aux injonctions politiques, mais celles-ci ne l’en affaiblissent pas moins.
En cas de réélection, un président de la Fed notoirement en opposition avec un Donald Trump triomphant pourra-t-il poursuivre sa mission, surtout si, d’ici là, le chef de l’exécutif parvient à nommer des membres du conseil acquis à sa cause ?
L’ancien vice-président de la Fed Stanley Fischer ne le pense pas, et évoque, tout comme la presse américaine, l’hypothèse d’une éviction comme plausible. Les investisseurs, habitués à considérer la Fed comme une boussole, ne doivent pas exclure de la voir bientôt s’affoler.
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