La vidéo du jour : Deutsche Bank, le Sisyphe du secteur bancaire
La nomination de Christian Sewing à la direction générale de Deutsche Bank, au mois d’avril, était censée remettre le groupe sur les bons rails pour accélérer son redressement. Mais à chaque fois que la banque allemande semble sur le point de remonter la pente, sa gestion des risques la fait trébucher.
En témoignent les perquisitions spectaculaires menées jeudi par le parquet de Francfort dans les locaux du groupe en raison de soupçons de blanchiment d’argent. Ce n’est certes pas la première fois que Deutsche Bank reçoit ce genre de visite. Mais la publicité donnée à cette opération traduit bien l’exaspération des autorités. Le raid a impliqué 170 juges, policiers et inspecteurs des impôts, qui s’interrogent sur le rôle joué par la banque pour permettre à ses clients d’échapper au fisc. Déclenchée par les révélations des Panama Papers il y a deux ans, l’enquête porte sur cinq ans d’activité, année 2018 incluse.
Le nom du groupe est par ailleurs cité dans l’affaire Danske Bank, ce vaste scandale de blanchiment qui secoue le Danemark. Deutsche Bank a continué jusqu’en 2015 à servir de correspondant bancaire à la filiale estonienne de Danske Bank, sans s’alarmer le moins du monde des énormes flux financiers qu’elle voyait passer.
Le poids des litiges continue donc à tirer Deutsche Bank vers le bas, alors que la plupart de ses concurrentes s’apprêtent à tourner cette page peu glorieuse de leur histoire. La facture des amendes atteint environ 18 milliards de dollars en dix ans. Déstabilisée sur ce front, la banque l’est également dans son management. La nomination de Christian Sewing a entraîné le départ de plusieurs dirigeants, et d’autres cadres de haut rang seraient aujourd’hui sur la sellette en raison des performances médiocres de la banque.
Pas étonnant que ce climat délétère mette aussi les investisseurs au supplice. A un peu plus de 8 euros, le prix de l’action Deutsche Bank n’a jamais été aussi faible.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle -
Spiritisme« En maintenant caché le Guide suprême, le régime iranien veut semer la confusion »
Le président iranien a évoqué une communication « difficile » avec Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public