Tous les métiers ont tiré la croissance du Crédit Agricole au deuxième trimestre
Crédit Agricole SA a publié des résultats financiers pour le deuxième trimestre 2026 qui dépassent assez nettement les prévisions des analystes. Le véhicule coté du groupe mutualiste affiche pour le second trimestre un produit net bancaire (PNB) de 7,36 milliards d’euros, en hausse de 7,7% sur un an, au-delà du consensus FactSet, qui s’établissait à 7,04 milliards d’euros. Les frais généraux sont en ligne avec les attentes, et leur croissance, à +4,6%, en-deçà de la progression des revenus, crée un effet ciseaux favorable.
Le coût du risque, à 466 millions d’euros, est inférieur aux 547 millions d’euros du consensus, ce qui permet à Crédit Agricole SA de dégager un résultat brut d’exploitation de 3,49 milliards d’euros en hausse de 11,4% sur un an.
Le résultat net part du groupe, à 2,05 milliards d’euros, contre 1,77 milliard attendus, accuse un recul de 11,9% par rapport à celui du deuxième trimestre 2025 qui avait été gonflé par une plus-value exceptionnelle de 304 millions d’euros imputable à Amundi US. A périmètre comparable, le résultat net progresse de 1,4% seulement, en raison de plus fortes charges d’impôts en France et à l’étranger.
«Les revenus sont en forte hausse grâce à tous les métiers», s’est félicitée Clotilde L’Angevin, directrice générale adjointe de Crédit Agricole SA. Amundi, la filiale de gestion d’actifs, et l’assurance, dont le chiffre d’affaires «exceptionnel» progresse de plus de 17% à 15 milliards d’euros, contribuent à cette tendance. Le PNB du pôle gestion de l’épargne et assurances s’établit à 2,2 milliards d’euros, en hausse de +12,1% sur un an.
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Les caisses régionales en soutien
La croissance est plus modeste dans la banque de financement et d’investissement, avec un PNB à 1,78 milliard d’euros en hausse de 4,4% par rapport au deuxième trimestre 2025 (+5,1% hors effet change). Le communiqué souligne «l’excellente performance des activités structurés actions», mais les revenus dégagés sur les activités taux/change comme ceux de la banque de financement aux grandes entreprises sont stables sur un an.
A l’origine de la bonne performance de l’ensemble du groupe, les activités de crédit immobilier et de financement aux entreprises se sont bien comportées. «Ce trimestre confirme le retournement de la marge nette d’intérêt», a expliqué Clotilde L’Angevin. Celle de LCL pour le trimestre s’est inscrite en hausse de 17% sur un an au deuxième trimestre et de 15% sur le semestre. En Italie, la situation dégradée se restaure, avec une marge nette d’intérêts pour Crédit Agricole Italia en progression de 2% sur la période avril-juin.
Entre l’amélioration de la marge et l’augmentation de la production, le retournement est encore plus frappant au niveau du groupe, avec les caisses régionales. Olivier Gavalda, directeur général de Crédit Agricole SA, a souligné «la forte hausse des revenus des caisses, avec une marge nette d’intérêt en hausse de 38% sur un an». Au final, le PNB du groupe Crédit Agricole a progressé de 12,9% sur un an à 10,88 milliards d’euros, et le résultat net part du groupe, à 2,78 milliards d’euros, a grimpé de 22,4% sur un an hors l’exceptionnel lié à Amundi US. La conquête brute de clients dans les seules caisses s’établit à 300.000 sur le trimestre, et à 580.000 au niveau du groupe, en France et à l’étranger.
Consolidation européenne
Sur le plan stratégique, le Crédit Agricole continue d’afficher ses ambitions européennes. «Quand on est la deuxième banque européenne, tous les dossiers sont sur la table, et nous avons les moyens de regarder tous les dossiers», a glissé Olivier Gavalda.
Interrogé sur les manoeuvres en Italie, il a rappelé que c'était «un marché stratégique, où [son groupe] réalise 15% de ses résultats». «Nous n’avons reçu aucun projet entre Banco BPM et MPS. Nous sommes donc incapables de dire si ce projet pourrait créer de la valeur», a poursuivi Olivier Gavalda, rappelant que Crédit Agricole SA était le premier actionnaire de Banco BPM, avec 29,3% du capital. «Rien ne peut se décider sans nous, mais nous ne pouvons pas décider tout seuls», a ajouté Jérôme Grivet, directeur général délégué de Crédit Agricole SA.
Côté bilan, la solvabilité de Crédit Agricole SA est stable avec un ratio CET1 de 11,3% à fin juin 2026, en recul de 0,1 point sur trois mois, malgré l’impact des récentes opérations de croissance externe à 41 points de base, dont 33 pour renforcer la participation dans Banco BPM et 4 pour l’acquisition de Milleis. «Crédit Agricole SA n’a pas vocation à accumuler de capital», ajoute Clotilde L’Angevin, rappelant que le véhicule coté faisait partie d’un groupe qui lui affiche un ratio CET1 de 17,2%.
Le conseil d’administration a d’ailleurs confirmé le versement d’un acompte sur dividende de 0,57 euro par action, payé en numéraire le 15 octobre prochain.
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