Le Crédit Agricole se rapproche du seuil des 30% de Banco BPM
Le Crédit Agricole pousse tranquillement ses pions en Italie, pendant que les banques nationales lancent des opérations spectaculaires mais hasardeuses. Vendredi 3 juillet après la fermeture des marchés, le groupe mutualiste français a annoncé détenir 29,3% du capital de Banco BPM, grâce à des achats d’actions sur le marché et à un instrument dérivé. Au-delà de 30%, une offre d’achat doit être lancée.
Fidèle à son discours dénué d’agressivité et de projet de lancement d’offre non sollicitée, le Crédit Agricole présente cette montée au capital comme la poursuite d’un investissement de long terme destiné à accompagner le développement de Banco BPM dans son communiqué. Le groupe met en avant la solidité de la banque italienne et les synergies déjà développées notamment dans le crédit à la consommation et l’assurance. L’opération entraînera un impact d’environ 35 points de base sur le ratio CET1 de la banque française.
A lire aussi : Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
Il n’empêche que l’opération donne encore un peu plus d’influence à la banque verte chez Banco BPM alors que celle-ci est impliquée dans les grandes manœuvres lancées pour prendre le contrôle de Monte dei Paschi di Siena (MPS). Banco BPM a proposé un rapprochement à la banque siennoise en vue d’une fusion, quelques heures avant qu’Intesa ne lance une offre sur la même cible. L’offre publique d’achat d’Intesa était en revanche de l’avis général préparée plus en amont.
Préserver et renforcer les partenariats
Le Crédit Agricole a toujours balayé d’un revers de main l’idée de lancer une offre non sollicitée et il reste peu vraisemblable que cela change et donc que la banque française demande à franchir le seuil des 30%.
En revanche, quelle que soit l’issue des batailles lancées par les banques italiennes pour prendre le contrôle de MPS, le groupe français se donne encore un peu plus les moyens de peser sur les orientations stratégiques de son partenaire, de sécuriser ses partenariats industriels, voire d’en obtenir d’autres.
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