La vidéo du jour : Dépendance, l’échec de l’assurance privée
Bâtir une couverture publique du risque de dépendance, financée par la solidarité nationale. C’est l’objectif d’Agnès Buzyn, qui s’exprimait jeudi à l’occasion de la remise du rapport Libault sur le grand âge. La ministre des Solidarités et de la Santé présentera à l’automne sa grande loi sur le financement de la dépendance, un enjeu essentiel pour faire face au vieillissement de la population française. Le coût de la perte d’autonomie des personnes âgées est estimé à 30 milliards d’euros par an, et il faudra trouver 9 milliards de plus d’ici 2030 selon les experts de la mission Libault. Ces derniers espèrent les trouver en ponctionnant ce qui reste du Fonds de réserve pour les retraites, et en pérennisant la CRDS, la contribution au remboursement de la dette sociale, qui était censée disparaître dans cinq ans.
Si le gouvernement veut renforcer la couverture publique du risque dépendance, c’est aussi parce que l’assurance privée n’apparaît pas aujourd’hui comme une solution viable. Les compagnies chez qui des contrats dépendance ont été souscrits versent bon an mal an un peu plus de 200 millions d’euros de rentes annuelles, alors que les ménages prennent à leur charge plus de 6 milliards de dépenses. Les Français n’ont guère d’appétit pour un produit qui leur paraît cher. Le principal frein à la demande vient de l’écart entre le moment où le client paie ses cotisations et celui où le risque de dépendance se matérialise. Du côté des assureurs, l’enthousiasme n’est pas non plus au rendez-vous. Les actuaires ont du mal à apprécier et tarifer le risque de dépendance. Ce type de contrats très engageants sur le long terme oblige en outre les compagnies à mobiliser beaucoup de fonds propres. Plus fondamentalement, d’autres formes d’épargne privée apparaissent aujourd’hui mieux à même de financer ces besoins : l’assurance vie, l’épargne retraite, que la future loi Pacte doit promouvoir, ou encore des formes de viager.
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