Les banques n’ont pas fait d’étincelles en Bourse malgré la hausse des taux
La remontée tant attendue des taux n’a pas eu l’effet escompté. Pénalisées depuis plusieurs années par des taux d’intérêt proches de zéro, les banques n’ont pas massivement profité du changement de paradigme des banques centrales dû à la flambée de l’inflation. Les performances boursières de BNP Paribas, la Société Générale, JPMorgan et consorts ne sont pas sorties du lot en 2022.
Depuis le début de l’année, l’indice Euro Stoxx Bank, qui mesure les variations des principales banques de la zone euro, recule de 4%, soit à peine mieux que l’Euro Stoxx 50 qui perd 11% sur la période. En France, BNP Paribas (-12%), le Crédit Agricole (-22%) et la Société Générale (-22%) sous-performent même nettement le CAC 40 qui abandonne moins de 9% depuis le 1er janvier. Un retard qui s’observe aussi aux Etats-Unis où l’indice KBW Nasdaq Bank baisse de 25% quand le S&P 500 limite ses pertes à 20%. Dans le détail, l’action JPMorgan tombe de 16%, Morgan Stanley de 14%, Goldman Sachs de 11%, Citigroup et Bank of America de 26%.
Américaines et françaises pénalisées
Si la hausse des taux d’intérêt favorise, en théorie, les comptes des banques via une augmentation des revenus d’intérêt et une amélioration des marges, elle ne bénéficie pas à tous les établissements dans les mêmes proportions ni selon le même calendrier. L’attrait du secteur aux yeux des investisseurs dépend aussi d’autres éléments et notamment des performances des activités de banque d’investissements et des évolutions du coût du risque. Autant de critères qui peuvent varier fortement en fonction des sociétés, de leur modèle économique et de leur exposition géographique.
En octobre, les banques américaines JPMorgan, Morgan Stanley et Citi ont ainsi publié des résultats nets en repli au titre du troisième trimestre en raison d’un déclin de leurs revenus dans la banque d’investissement, dans un contexte de fortes incertitudes et d’une hausse des provisions pour risques de crédit. En France, les craintes de voir le coût du risque déraper poussent les investisseurs à l’attentisme alors que la méthode de calcul du taux d’usure limite la capacité des banques de détail à répercuter la hausse des taux d’intérêt, qui leur coûte par ailleurs via l’augmentation de la rémunération de l’épargne réglementée.
Les irlandaises s’envolent
A l’inverse, des banques espagnoles et irlandaises se sont offert de jolis rebonds en 2022. Dans la péninsule ibérique, Caixabank grimpe de plus de 50% depuis le début de l’année, Bankinter progresse de 40%. Un peu plus en retrait, BBVA avance de 7% et Santander perd un peu moins de 5%, des performances nettement supérieures à celles de leurs homologues françaises et américaines. Une réussite liée à la bonne santé du secteur en Espagne, peu affectée par la taxation exceptionnelle mise en œuvre par Madrid. En Europe, la palme revient toutefois aux banques irlandaises, Bank of Ireland affichant un gain de 79% depuis le début de l’année et AIB de près de 70%. Selon les analystes d’UBS, leur structure de bilan les favorise dans un environnement de hausse des taux. Ils estiment ainsi que chaque hausse de taux de 50 points de base améliore les profits avant provisions de Bank of Ireland de 12%.
Le secteur bancaire suisse a de son côté été marqué par les lourdes difficultés de Credit Suisse. En cours de restructuration, le groupe a vu son titre fondre de 67% depuis le début de l’année. UBS gagne pour sa part 5% sur la période. En Allemagne, Commerzbank, toujours en reconstruction, s’est adjugé plus de 30% cette année et Deutsche Bank a reculé de 4%. Les italiennes UniCredit et Intesa Sanpaolo affichent un léger repli quand Banco BPM rebondit de 26%.
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