Immobilier : le taux d’usure va grimper à plus de 3,5%
Les courtiers vont pouvoir souffler un peu. Les taux d’usure, qui établissent un plafond aux taux que les banques peuvent appliquer à différents types de prêts, vont augmenter dès lundi prochain.
La hausse est significative et dans la lignée de celle mise en œuvre en octobre dernier. La Banque de France a annoncé le 28 décembre que le taux d’usure pour un emprunt immobilier de 10 à moins de 20 ans passerait à 3,53%, en hausse de 0,5 point de pourcentage après une progression de 0,43 points en octobre. Pour les prêts de 20 ans et plus, le taux grimpera à 3,57% (+0,52 point après +0,48 point en octobre). Le taux d’usure pour une durée inférieure à 10 ans augmentera à 3,41%. Des niveaux à comparer au rendement de l’obligation souveraine française (OAT) à 10 ans qui est passé au-dessus du seuil des 3% le 27 décembre.
Dans le crédit à la consommation, il atteindra 21,04% pour les montants inférieurs ou égaux à 3.000 euros, 10,55% pour ceux entre 3.000 et 6.000 euros et 5,79% lorsque le montant est supérieur à 6.000 euros. Tous les taux sont disponibles sur le site du Journal officiel.
«Absence de blocage»
Chaque trimestre, la Banque de France calcule le taux d’usure en multipliant par 4/3 les taux moyens pratiqués lors du trimestre écoulé. Cette méthode est critiquée par les professionnels du secteur, au premier rang desquels les courtiers, car elle ne permettrait pas de répercuter suffisamment rapidement la hausse des taux d’intérêt mise en œuvre par la Banque centrale européenne depuis plusieurs mois.
Comme une réponse à ces reproches, la Banque de France a estimé que «sur la base des dernières statistiques, l’année 2022 a encore été une année favorable pour le crédit immobilier. Le taux de croissance des prêts immobiliers aux ménages s’y est établi à 5,7% en première estimation».
«Les banques ont continué ces derniers mois à servir les emprunteurs de toutes classes d’âge, de revenu et ce pour tous les motifs d’acquisition, confirmant les indications données en cours d’année par la Banque de France sur l’absence de blocage du marché», a complété l’institution dans son communiqué.
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