Les négociations sur le Brexit demeurent toujours dans le flou
Je suis prudemment optimiste». Les propos du Premier ministre néerlandais Mark Rutte, hier soir à la sortie de la réunion du Conseil européen, résumaient bien l’état d’esprit des Européens sur le Brexit : un accord reste possible, mais devient chaque jour un peu plus urgent.
Comme attendu - et malgré une semaine de négociations intensives - la réunion d’hier s’est terminée sans résultat concret. Certes, Theresa May et ses 27 homologues ont à nouveau affiché leur volonté d’obtenir un accord avant mars 2019, mais les blocages demeurent - et notamment sur le cas de la frontière nord-irlandaise. Le sujet n’a d’ailleurs pas évolué : l’Union européenne (UE) veut la garantie que Londres assurera un alignement réglementaire avec la république irlandaise, point sur lequel Theresa May est mise en difficulté par les unionistes irlandais.
Les négociations devraient reprendre rapidement. Les questions encore ouvertes sont en effet politiques, et peuvent être résolues rapidement si Londres fait les concessions nécessaires. «Nous continuerons le travail dans les prochaines semaines, calmement et patiemment», assurait au début du sommet Michel Barnier, le négociateur de l’Union européenne. «Nous avons fait 90 pour cent (de la tâche), mais il reste du travail», assurait la chancelière Angela Merkel. Un nouveau sommet pourrait être organisé mi-novembre, si les discussions ont suffisamment avancées.
En coulisse, la question d’une sortie sans accord («no deal») est toutefois évoquée de plus en plus ouvertement, au niveau européen comme national. «Même si on a un accord avec Theresa May, on ne peut être certain de rien tant que ce n’a pas été validé par le Parlement anglais», précisait la semaine dernière un diplomate européen, faisant référence au climat politique tendu dans lequel opère la Première ministre britannique.
Concernant un déblocage des discussions politiques, les perspectives futures demeurent floues. La possibilité d’une extension de la période de transition au-delà de 2020 a été évoquée, mais sans succès ; il s’agirait de toute façon d’une situation inconfortable pour le Royaume-Uni, obligé d’appliquer toues les règles édictées par Bruxelles sans pouvoir de co-décision.
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