SUCCÈS Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de ce label en début d’année, les titrisations STS (simple, transparent et standardisé) ont représenté la majorité des émissions en Europe au mois de septembre, pour atteindre un volume supérieur à 5 milliards d’euros, d’après une étude de S&P Global Ratings. Et le mois d’octobre a affiché la même dynamique. Selon l’agence, l’introduction du label STS pourrait avoir eu un effet légèrement positif sur le profil de crédit des portefeuilles, du fait des modifications correspondantes dans les structures de capital des transactions. Par ailleurs, les titrisations non STS rencontrent toujours du succès, signe que les deux types d’émission pourront coexister à l’avenir.
SEUIL CRITIQUE Le marché des CLO (collateralised loan obligations), qui a doublé depuis 2013 pour atteindre plus de 800 milliards de dollars, intéresse de plus en plus les analystes. Alors que le dernier rapport trimestriel de la Banque des règlements internationaux avait dressé une comparaison entre son essor rapide et celui des CDO (collateralised debt obligations) avant la crise, les experts de Capital Economics estiment que le marché des CLO est « une source de vulnérabilité » pour le secteur financier.
Finance Watch a profité de la fin de la consultation de l’Autorité bancaire européenne (EBA) sur l’idée de créer un «label» STS (simple, transparente, standardisée) pour les titrisations synthétiques - comme pour les titrisations traditionnelles - pour expliquer que «promouvoir ainsi ces titrisations accroîtrait le risque systémique financier sans bénéficier à l’économie». Selon l’ONG bruxelloise, cela disséminerait des risques complexes et non supervisés sur le marché. Le document de travail de l’EBA suggérait que les banques pourraient recourir à la titrisation synthétique pour gérer leurs exigences de fonds propres issues, entre autres, du cadre de Bâle 3 «version 2" avec l’introduction du «plancher de production».
Finance Watch a profité de la fin de la consultation de l’Autorité bancaire européenne (EBA) sur l’idée de créer un «label» STS (simple, transparente, standardisée) pour les titrisations synthétiques - comme pour les titrisations traditionnelles - pour expliquer que «promouvoir ainsi ces titrisations accroîtrait le risque systémique financier sans bénéficier à l’économie». Selon l’ONG bruxelloise, cela disséminerait des risques complexes et non supervisés sur le marché tout en contribuant à recréer les conditions qui ont rendu possible la dernière crise financière et en permettant «de contourner la réglementation Bâle 3 en matière de fonds propres», ajoute Thierry Philipponnat, son responsable de la recherche.
C’est le montant de la titrisation publique que vient de réaliser le Crédit Immobilier de France Développement sur des prêts immobiliers résidentiels. Le groupe, qui gère l’extinction de son portefeuille, réduit ainsi son coût de financement. L’opération a été arrangée par BNP Paribas et Crédit Agricole CIB et la société Prime Collateralised Securities (PCS) a validé le caractère STS (simple, transparent et standardisé) du montage.
FRAGILITÉ Selon une étude de S&P Global Ratings, la part des émetteurs notés B- aux Etats-unis et en Europe est en forte hausse depuis début 2017, atteignant un niveau record de 20,5 % aux Etats-Unis à la fin du deuxième trimestre 2019 et un niveau de 12,7 % en Europe. Ces émetteurs B- sont concentrés dans une poignée de secteurs. Le secteur de la haute technologie arrive en tête aux Etats-Unis. En Europe, ce sont les produits de consommation. Historiquement, le segment de notation B- devait une bonne partie de ses membres à des déclassements antérieurs. Les populations actuelles proviennent surtout d’émetteurs avec une notation initiale B ou B-. Les faibles taux d’intérêt dans le monde après la crise financière ont permis à des entreprises déjà endettées de s’endetter davantage à un coût avantageux. En ce qui concerne les CLO, les crédits B- seraient une source de préoccupation potentielle pour les investisseurs, car ces émetteurs se situent seulement un cran au-dessus de la catégorie de notation CCC, pour laquelle les CLO peuvent subir des haircut. Et même dans des environnements relativement sains, les émetteurs B- subissent une détérioration du crédit supérieure à celle du marché des titres spéculatifs. S&P Global Ratings s’attend à ce que le taux de défaut augmente aux Etats-Unis.
CONSÉCRATION Le spécialiste du crédit à la consommation en ligne place une titrisation publique pour un montant de 156 millions d’euros. La start-up a obtenu un triple A de l’agence S&P Global Ratings et de Moody’s pour sa tranche « senior ». L’opération a été sursouscrite entre trois et six fois selon les tranches, et les coupons ont pu être resserrés, celui de classe « A » étant fixé à 38 points de base au-dessus de l’Euribor un mois. Au total, l’opération a été placée auprès de 25 investisseurs institutionnels. Younited Credit, qui comptabilise 700 millions d’euros d’encours bancaires, se dit rentable en France depuis janvier. Avec cette titrisation, l’ex-Prêt d’Union, créé il y a sept ans, peut diversifier ses sources de financement pour les crédits et abaisser son coût de financement. Surtout, cette opération représente une forme de consécration par le marché.