Nouveau record d’emprunts pour la France. Le pays devra émettre 270 milliards d’euros de dette à moyen et long terme nets des rachats en 2023, au lieu de 260 milliards en 2020, 2021 et 2022, a indiqué lundi l’Agence France Trésor en marge de la présentation du projet de loi de Finances par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
Les hedge funds ont pris leur plus gros pari contre la dette italienne depuis janvier 2008, face aux inquiétudes grandissantes concernant la stabilité politique du pays et sa dépendance aux importations de gaz russe, rapporte le Financial Times. La valeur totale des obligations souveraines italiennes empruntées par les investisseurs pour parier sur une chute des cours a dépassé ce mois-ci les 39 milliards d’euros, selon des données de S&P Global Market Intelligence.
La Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (Cades), en charge de financer et d’amortir la dette sociale en France, a annoncé mercredi l’émission d’une nouvelle obligation de référence dans son programme d’émissions sociales (social bonds) de 3 milliards d’euros pour une maturité de 5 ans (25 novembre 2027), avec un coupon de 1,75%. Le prix de cette émission réalisée avec l’aide de Crédit Agricole CIB, Citi, HSBC et JPMorgan a fait ressortir un taux de 1,877%, soit 37 points de base au-dessus des OAT de référence février 2027 et février 2028 interpolées. Ce nouvel emprunt s’inscrit dans le cadre du financement des opérations de reprise de dette d’un montant de 40 milliards d’euros programmé chaque année pour 2021, 2022 et 2023 : la Cades a ainsi réalisé six émissions sociales pour un total de 23,9 milliards depuis le début de l’année.
Avec cette mesure très attendue, le président Biden soigne l'opinion publique dans la perspective des élections de mi-mandat, sans regarder à la dépense.
Les rendements exigés pour détenir des obligations du Ghana en monnaie locale ont dépassé les 34%, un plus haut au sein de la classe d’actifs «pays en développement» selon les indices Bloomberg. Les investisseurs ont abandonné la monnaie locale, le cedi, cette année avec les inquiétudes sur le ralentissement mondial et la demande de matières premières comme le cacao, provoquant une baisse de 38% de la devise et une poussée inflationniste. Le Ghana a entamé en juillet des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un plan d’aide d’au moins 3 milliards de dollars. Ces discussions avec le FMI et le programme qui en découlera sont un point-clé pour les investisseurs.
Le Haut Conseil des Finances publiques (HCFP) appelle le gouvernement à corriger le document de trajectoire des finances publiques (PSTAB) qu’il doit envoyer sous peu aux institutions européennes, à cause d’une prévision de croissance «un peu élevée» et d’inflation «sous-estimée», indique un avis consulté jeudi par l’AFP. Le HCFP juge «indispensable» que la prochaine loi de programmation des finances publiques, attendue à la rentrée, corrige ces estimations. Le gouvernement table sur une croissance de 2,5% en 2022 et 1,4% en 2023, en ne tenant pas compte des risques sur l’inflation (prévue à 5% en 2022 et 3,2% en 2023), puis sur une croissance de 1,6% à 1,8% de 2024 à 2027, sur la base d’hypothèses avantageuses de contribution positive du commerce extérieur et des investissements.
Les pays occidentaux créanciers de l’Ukraine ont exhorté mercredi les détenteurs d’obligations ukrainiennes à accepter la requête de Kiev d’un report de ses remboursements, en annonçant qu’eux-mêmes allaient accéder à cette demande. Le gouvernement ukrainien a demandé mercredi à ses créanciers internationaux d’accepter un report de deux ans de ses remboursements afin de consacrer ses ressources financières à la guerre contre la Russie. Accepter cette demande constituerait une marque de soutien importante au gouvernement et au peuple ukrainiens, ont déclaré dans un communiqué conjoint la France, l’Allemagne, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon et les Etats-Unis. Ces pays ont annoncé une suspension coordonnée des remboursements prévus le 1er août prochain jusqu’à fin 2023, avec la possibilité de la prolonger d’un an supplémentaire.
Suivant l’avis de sa Commission des finances, le Sénat a refusé d’adopter, mardi en séance publique, le projet de loi de règlement du budget et d’approbation des comptes de l’année 2021. Le rapporteur général Jean-François Husson a relevé que ce projet de loi avait été présenté par le gouvernement près de 5 semaines après la date limite du 31 mai prévue par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Il a également noté les niveaux très élevés du déficit du solde public (160 milliards d’euros, 6,5% du PIB) et du niveau d’endettement (112,9% du PIB), du déficit du budget de l’Etat proprement dit, à plus de 170 milliards en 2021 comme en 2020 avec près de 420 milliards de dépenses pour moins de 250 milliards de recettes. Le fait que le gouvernement ne présente aucune mesure d’amélioration pour les années à venir a renforcé l’inquiétude des sénateurs. Cela va compliquer le parcours législatif de l’approbation des comptes.
La dette publique française est remontée à 114,5% du produit intérieur brut à fin mars 2022, a indiqué vendredi l’Insee, soit une hausse de 2 points en trois mois. Le record avait été atteint à la fin du premier trimestre 2021, à 117,4%, alors que l'économie n'était pas encore sortie de la crise du Covid. À la fin du premier trimestre 2022, la dette publique au sens de Maastricht s’établit à 2.902 milliards d’euros. Après la baisse du quatrième trimestre 2021 (-19,8 milliards), la forte augmentation de la dette publique ce trimestre (+88,8 milliards) alimente pour une large part la trésorerie des administrations publiques (+52,1 milliards), principalement celles de l’Etat et des administrations de sécurité sociale (Asso), précise l’Insee. L’accroissement continu de la dette publique constitue une mauvaise nouvelle alors que son coût augmente. La hausse des taux, dont le plein effet ne se fera sentir qu’au bout de plusieurs années, alourdira de plusieurs milliards le coût de la dette cette année.
Les rendements obligataires italiens ont nettement reculé vendredi après les informations de la veille au soir sur les déclarations de Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), à l’Eurogroupe au sujet du mécanisme anti-fragmentation en cours d’élaboration.