L'emballement et les outrances de la Maison -Blanche sur le billet vert perturbent les marchés. Mais, en toutes fins, même si le dollar gardera une place significative dans les portefeuilles, il verra son profil déprécié et grevé d’une prime de risque conséquente, explique Vivien Levy-Garboua, professeur à Sciences Po.
L’indice DXY est repassé sous les 100 points et a perdu plus de 10% depuis l’investiture de Donald Trump, dont 2% sur la semaine écoulée ! Outre les craintes accrues sur la croissance américaine, le sentiment de défiance s’accélère à l’égard des actifs américains, et donc du billet vert.
Les prévisionnistes de L’Agefi tendent à ajouter une baisse de taux à six mois tout en diminuant leurs prévisions pour les taux longs aux Etats-Unis et en augmentant celles sur la zone euro.
Fossoyeur du multilatéralisme, le président Trump démantèle de manière systématique les instruments de la puissance américaine, estime la directrice des études économiques du Groupe Crédit Agricole.
Suivant la doctrine de son conseiller Stephen Miran, Donald Trump chercherait à nouer un nouvel accord mondial sur les changes, comparable aux accords du Plaza de 1985. Ses objectifs : déprécier le dollar et réduire le déficit commercial américain à long terme, sans pour autant menacer le financement du déficit des Etats-Unis. Cette quadrature du cercle peut expliquer la menace de droits de douane et de retrait du parapluie militaire américain envers les pays jugés non coopératifs, mais nombre d’économistes la jugent très difficile à résoudre.
Leur progression depuis janvier se rapproche de 6%, dans l’ombre des actions européennes, mais loin devant les américaines qui attiraient tous les regards en début d’année.
Tenant compte des spécificités de l’économie suisse, avec une monnaie et des gains de productivité forts, la BNS se dirige petit à petit vers des taux négatifs.
Le positionnement extrême à l’achat sur ce marché a exacerbé la correction après l’annonce de l’arrestation du maire d’Istanbul, le principal opposant du président turc. La banque centrale a dû intervenir sur le change. Certains investisseurs continuent de croire à la belle histoire économique.
La monnaie unique a dépassé 1,09 dollar après que les écologistes allemands ont ouvert la voie à un accord, avec la future coalition des conservateurs et des sociaux-démocrates, sur les dépenses de défense et d’infrastructures et le frein de la dette.