Sophie Nordmann (France Invest) : «Il n’y a pas assez de rôles modèles dans le private equity»
Intervenant dans le cadre de Talent for Finance, premier Salon des carrières dans la finance organisé par L’Agefi et Dogfinance, qui s’est déroulé le 28 mai, Sophie Nordmann, présidente de la commission Talents et Diversité chez France Invest, et partner chez Siparex, explique pourquoi le secteur du private equity peine toujours à attirer des femmes.
“Cette charte a été un peu un big bang en termes de parité au sein de notre environnement”, a déclaré Sophie Nordmann en évoquant la charte élaborée en 2020 par France Invest, sous la présidence de Dominique Gaillard et avec Claire Chabrier à ses côtés. Cette charte, qui a été signée à l’époque par près de 90% des sociétés de gestion de la place française, comprend deux principaux objectifs : avoir 40% de femmes au sein des équipes d’investissement à horizon 2030 (versus 28% en 2022) et 25% au sein du comité d’investissement (versus 22% selon le dernier baromètre).
Un problème de rétention
Mais plus que l’attractivité du métier, c’est avant tout sa capacité à retenir les talents féminins qui est pointée du doigt. “Nous avons fait un sondage au sein de la population des moins de 35 ans. Nous avons interrogé 600 à 700 personnes. Il en est ressorti que 80% des hommes de moins de 35 ans se projettent dans le métier du private equity à horizon de cinq ans, contre seulement 30% pour les femmes. Nous avons donc un gros chantier !”, indique la responsable diversité qui vient de créer un comité de travail dédié à la rétention.
D’ores et déjà, Sophie Nordmann avance des hypothèses qui semblent expliquer cette difficulté à garder les talents féminins : “Malgré les efforts, ce métier reste encore masculin, les femmes ne se sentent pas encore à l’aise. Nous avons des codes culturels et des comportements qui ne sont pas encore diversifiés et elles ne se reconnaissent pas là-dedans. Il n’y a pas assez de rôles modèles, nous ne sommes pas assez de femmes seniors”.
Quand les femmes quittent une société de gestion en private equity, c’est en général pour faire autre chose. Les retenir ne constitue pas le seul chantier mené par Sophie Nordmann au sein de France Invest. “Nous allons élargir le thème de la parité à la diversité plus large, aussi bien socio-culturelle, d’orientation sexuelle, la diversité en termes d’âge et d’expérience, mais aussi le handicap pour que l’on ait au sein des équipes d’investissement des équipes qui soient semblables à la société.” L’objectif final étant de prendre les meilleures décisions.
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