Sophie Nordmann (France Invest) : «Il n’y a pas assez de rôles modèles dans le private equity»
“Cette charte a été un peu un big bang en termes de parité au sein de notre environnement”, a déclaré Sophie Nordmann en évoquant la charte élaborée en 2020 par France Invest, sous la présidence de Dominique Gaillard et avec Claire Chabrier à ses côtés. Cette charte, qui a été signée à l’époque par près de 90% des sociétés de gestion de la place française, comprend deux principaux objectifs : avoir 40% de femmes au sein des équipes d’investissement à horizon 2030 (versus 28% en 2022) et 25% au sein du comité d’investissement (versus 22% selon le dernier baromètre).
Un problème de rétention
Mais plus que l’attractivité du métier, c’est avant tout sa capacité à retenir les talents féminins qui est pointée du doigt. “Nous avons fait un sondage au sein de la population des moins de 35 ans. Nous avons interrogé 600 à 700 personnes. Il en est ressorti que 80% des hommes de moins de 35 ans se projettent dans le métier du private equity à horizon de cinq ans, contre seulement 30% pour les femmes. Nous avons donc un gros chantier !”, indique la responsable diversité qui vient de créer un comité de travail dédié à la rétention.
A lire aussi : Le private equity muscle ses fonctions opérationnelles
D’ores et déjà, Sophie Nordmann avance des hypothèses qui semblent expliquer cette difficulté à garder les talents féminins : “Malgré les efforts, ce métier reste encore masculin, les femmes ne se sentent pas encore à l’aise. Nous avons des codes culturels et des comportements qui ne sont pas encore diversifiés et elles ne se reconnaissent pas là-dedans. Il n’y a pas assez de rôles modèles, nous ne sommes pas assez de femmes seniors”.
Quand les femmes quittent une société de gestion en private equity, c’est en général pour faire autre chose. Les retenir ne constitue pas le seul chantier mené par Sophie Nordmann au sein de France Invest. “Nous allons élargir le thème de la parité à la diversité plus large, aussi bien socio-culturelle, d’orientation sexuelle, la diversité en termes d’âge et d’expérience, mais aussi le handicap pour que l’on ait au sein des équipes d’investissement des équipes qui soient semblables à la société.” L’objectif final étant de prendre les meilleures décisions.
A lire aussi : Emmanuelle Costa (Tikehau) : «Ce qui nous intéresse, ce sont des personnes agiles, curieuses et créatives»
Plus d'articles du même thème
-
Joséphine Loreal (Montefiore) : « Nous nous engageons aux côtés des gestionnaires de patrimoine »
A l'occasion de Patrimonia, la directrice du private wealth du gérant de private equity évoque les raisons de sa venue ainsi que les dernières actualités tant côté investissements que sorties. -
Benoit de Kerleau (Flexstone) : « On assiste à une bifurcation sur le marché des levées »
A l'occasion de l'Ipem, le managing partner du gérant affilié de Natixis Investment Managers évoque la santé du marché du private equity, l'appétit des investisseurs particuliers pour la classe d'actifs ainsi que leur dernière acquisition aux États-Unis. -
Carlos Araujo (Allianz France) : « On risque de devoir prendre plus d'estimations de fournisseurs de données »
Directeur de l'investissement durable et de la conformité chez Allianz France, Carlos Araujo Blanco intervenait lors de l'Institutional Day organisé le 30 juin par L'Agefi. Il revient en vidéo sur la révision de la réglementation SFDR, le traitement des obligations d'Etat et les conséquences de l'allègement de la CSRD. -
Marie Marchais (FIR) : « Nous avons voulu que la méthode Voice soit pratique »
Marie Marchais, responsable de la plateforme Engagement du Forum pour l’investissement responsable (FIR), s’est exprimée lors de l’Institutional Day organisé le 30 juin dernier par L’Agefi. Elle a notamment détaillé la première version de la méthode Voice ainsi que la perception des entreprises françaises sur l’engagement actionnarial. -
Julia Bertuzzi (Abeille Assurances) : « En Europe, les institutionnels restent positionnés sur l'ESG »
Analyste investissement et ESG chez Abeille Assurances, Julia Bertuzzi intervenait lors de l'Institutional Day organisé le 30 juin par L'Agefi. Elle revient sur l'anticipation de la révision du SFDR, la politique d'engagement actionnarial de l'assureur et la résistance de l'ESG en Europe. -
Louis Sallot des Noyers (Apicil) : « Nous nous sommes mis à Spire en début d'année »
Directeur des investissements d'Apicil, Louis Sallot des Noyers intervenait lors de l'Institutional Day organisé le 30 juin par L'Agefi. Il détaille sa stratégie obligataire, entre diversification des émetteurs, recours aux structures de «repackaging» et politique d'investissement responsable.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Tikehau Capital s'apprête à acquérir le droniste toulousain Delair
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- Amundi réunit près de 200 millions d’euros pour son cinquième fonds de dette privée
- KKR se voit accusé d’avoir induit en erreur l’antitrust européen lors du rachat de Netco
- Pigment lève 250 millions de dollars
Contenu de nos partenaires
-
Tirs à Trappes et à La Verrière : Macron dénonce un « attentat » commis « sur la base d’une idéologie raciste »
Pour le président de la République, la nation est à « un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ». Des propos critiqués par Jordan Bardella, Jérôme Guedj ou encore Sarah Knafo -
RépitMoody's maintient sa note, la France garde son crédit
Surprise vendredi soir, l'agence Moody's a maintenu sa note Aa3 pour la France, avec perspective négative. Sébastien Lecornu a salué une décision qui « déjoue les pronostics déclinistes ». -
Arrête-moi si tu peux« On ne va pas faire campagne six mois comme ça » : à Amiens, Raphaël Glucksmann cherche à contourner l’obstacle LFI
Le candidat social-démocrate a consacré son premier déplacement post-primaire à la jeunesse, tout en justifiant son choix de ne pas aller dans des manifestations lycéennes où il fait face à un climat d’hostilité entretenu, selon lui, par l’extrême gauche