Stimulé par les technologies innovantes et l’arrivée de nouveaux entrants, Swift réinvente ses services de paiements internationaux. Saskia Devolder, directrice du programme stratégique des paiements transfrontaliers, fait le point sur les chantiers en cours.
Crédit. Amazon s’est allié à la fintech Parafin pour proposer l’avance de trésorerie aux marchands qui utilisent sa place de marché. L’offre est un financement fondé sur les revenus à venir, qui permet aux marchands d’obtenir en quelques jours un prêt à taux plafonné, sans garantie personnelle, sans justificatifs administratifs et sans pénalités en cas de remboursement tardif. Disponible aux Etats-Unis dans un premier temps, puis plus largement en 2023, cette avance peut aller de 500 dollars à 10 millions. Le remboursement s’effectue ensuite sous forme de pourcentage fixe prélevé sur les ventes, sans taux d’intérêt mais avec une commission fixe. Cette offre, Cash Advance, complète la gamme de financements d’Amazon qui comprend le prêt à terme, le prêt à intérêt et les lignes de crédit.
Grâce à la technologie, les banques s’ouvrent à la distribution de produits de partenaires afin de fidéliser leurs clients et de générer de nouveaux revenus.
Phygital. Depuis le rachat d’iZettle, le lecteur de carte mobile suédois, Paypal peaufine sa présence en magasins aux Etats-Unis comme en Europe. Avec le lancement de son offre de terminal « tout en un » au point de vente, d’abord aux Etats-Unis, le géant du paiement digital s’adresse aux petits commerçants pour leur faciliter la vie, en incluant dans l’offre la gestion des stocks, des ventes, le reporting et les paiements dans un seul appareil. Mais il est en concurrence avec d’autres grands du digital, à l’instar de Square (Block aux Etats-Unis), qui mène une percée significative auprès des petits commerçants. Toutefois, Paypal réalise déjà 20 milliards de dollars de ventes en magasins, soit 2,1 % de son activité, et doit réussir à s’imposer car le commerce physique représente toujours 85 % des ventes. En outre, PayPal est bien placé pour offrir une véritable convergence entre commerce physique et commerce en ligne.
Cadre. Un an après le lancement de son initiative sur l’investissement dans la technologie de reconnaissance faciale signée par 55 investisseurs mondiaux, Candriam tire un premier bilan des engagements pris par les entreprises pour limiter les risques que cette technologie fait courir au respect des droits fondamentaux, comme la reproduction des préjugés raciaux et sexistes, le manque de fiabilité et l’usage abusif des données personnelles. Sur quinze entreprises interrogées, trois font des efforts significatifs pour atténuer ces risques : Microsoft, Motorola et Thales. Elles se sont dotées de règles de gouvernance et prennent des mesures spécifiques. Candriam continuera de discuter avec chaque entreprise des moyens d’améliorer les pratiques et publiera un nouveau rapport en 2023.
La fintech qui s’est spécialisée dans le financement des éditeurs de logiciels en SaaS propose désormais ses services aux TPE-PME de tous secteurs d’activité.
Extension. Le marché des paiements est en pleine ébullition. Iliad, la maison mère de Free, vient d’annoncer l’ouverture de son établissement de paiement Stancer aux petits commerçants qui souhaitent encaisser en point de vente ou en ligne. Créée en 2018 pour servir Iliad et réduire les coûts liés au traitement des paiements, la fintech prépare de nouveaux services afin de faciliter la vie des commerçants et des professionnels. Par ailleurs, FDJ lance Nirio, un dispositif d’encaissement des espèces ou des paiements par carte chez les buralistes. Nirio est d’ores et déjà retenu par Seqens, un bailleur social francilien filiale d’Action Logement, pour le paiement des loyers. Pas moins de 10.000 commerçants ont accepté de proposer ce service, 5.000 sont déjà agréés par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.
Selon le World Payments Report 2022, les paiements innovants sont bien implantés dans le retail, mais l’enjeu pour les banques est désormais du côté des petites entreprises.
Paiement. Destinée aux banques clientes de Finastra, une nouvelle offre de Banking-as-a-Service développée en partenariat avec Visa vient d’être lancée afin de proposer des paiements transfrontaliers plus rapides. Un bénéfice rendu possible par l’intégration de Visa Direct, qui permet d’effectuer des paiements en temps réel avec les cartes éligibles. Face à une concurrence grandissante sur les paiements internationaux, avec de nouveaux acteurs, de nouvelles réglementations et technologies, les banques qui souhaitent proposer rapidement un service de meilleure qualité pour les paiements internationaux pourront se connecter à la plateforme de développement ouverte de Finastra et accéder au PaymentsHub qui intègre Visa Direct. Ainsi, Finastra et Visa espèrent aider les banques à fidéliser leurs clients grâce à une offre de paiement digital « rapide, transparente et rentable ».
Avec Wealth, la filiale du Crédit Agricole, veut apporter à ses clients, et à leurs conseils, une information plus fine sur la composition de leur patrimoine.
MNBC. Accélération en cours à la Banque centrale européenne (BCE) : la phase de prototypage d’un euro numérique sera lancée sous peu. La BCE vient d’annoncer les partenaires qu’elle a choisis pour développer des interfaces utilisateurs, précisant qu’elle n’envisage pas de réutiliser ces expérimentations lors des phases ultérieures du projet. En attendant, elle a sélectionné Caixabank pour les paiements en ligne de pair à pair, Worldline pour les paiements de pair à pair hors ligne, mais aussi EPI (European Payments Initiative) pour les paiements en magasin initiés par l’acheteur et Nexi pour les paiements en magasin initiés par le marchand, et, enfin, Amazon pour les paiements de e-commerce. Un choix étonnant à l’heure où la souveraineté européenne cherche à s’affirmer également dans le domaine du paiement.
Ambition. BPCE veut devenir « la fintech de référence sur le marché des paiements en Europe » en rapprochant deux des jeunes pousses acquises en 2017 : Payplug, spécialiste du paiement en ligne pour les petits commerçants, et Dalenys, qui s’adresse aux grands commerçants. Réunies sous la marque Payplug, les deux fintechs représenteront 10 milliards d’euros de transactions en 2022, près de 400 collaborateurs et 20.000 PME clientes ainsi que des grands groupes comme Maisons du Monde ou Veepee. Au-delà du e-commerce, les deux acteurs ont développé le paiement omnicanal, intégrant les points de vente, ce qui simplifie les parcours utilisateurs et améliore la sécurité des transactions. Ensemble, elles pourront renforcer pour les commerçants de toutes tailles et pour leurs clients les parcours de paiement sans couture, le paiement fractionné garanti ou le paiement mobile. Et faire de BPCE Digital & Payments un incontournable du paiement digital en France.
Disruption. Depuis des années, Revolut investit dans sa propre infrastructure de paiement, et le lancement de Revolut Pay marque un aboutissement. Cette fonctionnalité permet de régler ses achats en ligne ou sur mobile vite et facilement, en utilisant la reconnaissance faciale ou l’empreinte digitale pour sécuriser les transactions. Revolut se met ainsi au niveau du paiement en un clic, auquel il ajoute du cashback pour ses clients. Mais Revolut Pay permet également de payer à ceux qui ne sont pas clients, ces derniers peuvent utiliser d’autres cartes Visa ou Mastercard enregistrées via d’autres fournisseurs. Revolut Pay est mis en place grâce à la plateforme d’acceptation mise à disposition des marchands depuis 2020, complétée depuis juillet par un terminal de paiement à lecture de carte. Les commerçants peuvent ainsi accepter jusqu’à vingt devises, avec des frais réduits.
Persévérance. On ne parlera pas ici de vélo à assistance électrique mais bien d’une nouvelle activité que lance le Groupe Inter Mutuelles Assistance, alias IMA, jusqu’ici concentré sur les dépannages automobiles ou les rapatriements de voyageurs. L’assisteur a noué un partenariat avec BeNomad afin de pouvoir orienter en urgence les conducteurs de véhicules électriques vers les bornes de recharge adaptées. Le service comprend la localisation de la borne correspondant à la carte de rechargement détenue par le conducteur et la fourniture de l’itinéraire le plus court. Avec ce service, IMA veut offrir « une meilleure expérience électrique en situation d’assistance » mais aussi et surtout éviter la panne sèche électrique et le remorquage du véhicule, forcément plus coûteux. La transition énergétique ? Un long processus qui nécessite de fortes convictions pour surmonter ses désagréments et son coût.
Fintech française spécialiste des solutions logicielles de paiement mobile et sans contact, Dejamobile propose une nouvelle application pour SoftPOS ou terminal de paiement électronique mobile compatible avec le réseau CB. Ce logiciel permet de transformer smartphones et tablettes Android en terminaux de paiement sans contact et donc, pour les commerçants, d’accepter les paiements par carte ou les paiements mobiles sur ces appareils, tout en préservant la sécurité garantie par les normes du Groupement CB. Ce dernier a d’ailleurs accompagné Dejamobile dans l’intégration du système d’acceptation des cartes CB dans la solution de paiement sans contact de Dejamobile. Une fois l’application installée sur le smartphone ou la tablette du commerçant, celui-ci peut accepter les paiements sans contact quel que soit le montant. Le SoftPOS permet ainsi de réduire les coûts et les contraintes d’installation et de maintenance des TPE classiques tout en apportant de la flexibilité dans les usages en magasin ou en mobilité.
Sans frais. Yavin, solution d’encaissement en magasin pour terminaux de paiement Android, s’allie à Linxo Connect, établissement de paiement proposant des interfaces de programmation (API) d’initiation de paiement (groupe Crédit Agricole), afin de composer une offre de paiement par virement instantané en point de vente. Le commerçant saisit le montant à encaisser sur le TPE Yavin qui génère un QR Code. Celui-ci est scanné par le smartphone du client et fait apparaître une liste de banques. Le client choisit son établissement et s’authentifie sur son application bancaire. Il n’a plus qu’à valider le montant, et le commerçant reçoit les fonds en quelques secondes. Le paiement est instantané et garanti, et surtout gratuit pour le commerçant car Yavin ne prélève pas de commission sur les transactions. En outre, il n’est pas soumis aux plafonds de paiement par carte. Le virement open banking peut entrer en magasin.
Domicile. Deux partenariats se sont noués entre une fintech et une filiale du Crédit Agricole. Sofinco, le spécialiste du crédit à la consommation, s’allie avec Cautioneo qui évalue la solvabilité des jeunes locataires et certifie leur dossier. Sofinco utilise ce score pour financer leur installation (dépôt de garantie, ameublement, etc.). Autre initiative, la fintech SmartGarant utilise les services de Linxo, agrégateur de comptes et acteur de l’open banking, détenu par le Crédit Agricole, pour accéder aux comptes des candidats locataires et décider de leur octroyer une garantie protégeant les propriétaires contre les loyers impayés. Enfin, un partenariat non technologique mais fort en responsabilité sociale vient de voir le jour. Square Habitat, le réseau d’agences immobilières du Crédit Agricole, s’engage à verser un don, pour chaque vente immobilière réalisée, à l’association Habitat et Humanisme qui œuvre pour loger des personnes en difficulté.
Accélération. Deux nouvelles importantes pour la proptech. D’abord une nouvelle orientation stratégique pour le Crédit Mutuel Arkéa. Après s’être défait de plusieurs fintechs comme Leetchi et Budget Insight, la banque a pris une participation majoritaire dans Liberkeys via sa filiale Izimmo, elle-même acquise en 2017. Liberkeys est une néo-agence immobilière qui utilise la technologie et la relation humaine pour mieux gérer la relation client dans le cadre des ventes immobilières. Déjà présente dans six grandes villes, Liberkeys pourra développer sa présence sur toute la France et doubler le nombre de ses agents. Autre information de poids : Masteos, proptech spécialisée dans l’investissement locatif clé en main, lève 40 millions d’euros en série A auprès de DST Global Partners, de Daphni et de ses propres salariés. Masteos pourra ainsi poursuivre le développement d’une application mobile, étendre sa présence sur toute la France et en Europe, et recruter 300 nouveaux collaborateurs dès cette année.
Speak French, please. L’Autorité des marchés financiers (AMF, photo) a revu sa doctrine de 2020 sur le régime des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN). Elle précise notamment la notion de communication promotionnelle (publicité) à l’initiative du PSAN ou réalisée pour son compte par un tiers. Elle exige que les supports de communication destinés aux clients français soient rédigés en français. Autre point : un service sur actif numérique dispensé via une API (interface de programmation) n’exclut pas la qualification du service de conservation ou d’autres services sur actifs numériques. Une analyse au cas par cas devrait être menée. Une nouvelle question a été ajoutée (12.3) à la doctrine concernant le staking (engagement qui consiste à immobiliser ses actifs contre rémunération) et le cryptolending (prêt d’actifs numériques) : pour exercer ces deux activités, il est désormais obligatoire d’être enregistré ou d’avoir un agrément de PSAN.