Les « pratiques toxiques » du démarchage en assurance pointées du doigt
Face à «l’explosion des pratiques toxiques» dont sont victimes les particuliers et particulièrement les plus vulnérables, plusieurs associations de consommateurs dont l’AFOC, la CLCV, Familles Rurales, UFC-Que Choisir et UNAF (CLCV), montent au créneau contre le démarchage téléphonique.Demandant «l’adoption immédiate de mesures mettant fin aux dérives les plus scandaleuses du démarchage téléphonique et la remise à plat de son modèle économique», elles constatent que les litiges liés à cette pratique ont augmenté de 60 % depuis 2012 : sollicités sans leur consentement, les consommateurs ne peuvent réaliser un choix éclairé et encore moins faire jouer la concurrence. «De plus, les informations données à l’oral sont souvent lacunaires voire inexactes, on comprend mieux pourquoi les litiges liés au démarchage ont progressé de 60 % depuis 2012». Dans le collimateurdes groupements de protection des intérêts des consommateurs,plus particulièrement les assurances santé et prévoyance, qui bien qu’elles représentent moins d’un tiers (29 %) des contrats, sont à l’origine de près des trois-quarts des réclamations (72 %).
En premier lieu, le défaut d’information entourant le démarchage est pointé du doigt. «Prétextant contre l’évidence que les contrats sont conclus à la demande des consommateurs (vente en « un temps »), nombreux sont les professionnels qui s’exonèrent de leur obligation de remettre une information écrite avant toute souscription». Mais c’est aussi le défaut de conseilqui est ciblé :alors que les démarcheurs sont tenus de proposer des produits adaptés aux besoins de leurs clients, ces derniers sont rarement questionnés sur leur situation. L’association relève ainsi, chez un courtier récemment sanctionné que, que les contrats étaient souscrits après un appel d’une durée moyenne de seulement 4 minutes et 44 secondes.
Demandant l’interdiction du démarchage en matière d’assurance, les associations sollicitent un avis du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) afin de mettre un terme aux «dérives les plus scandaleuses». A savoir, l’interdiction de la vente en « un temps » et la mise en œuvre d’un délai incompressible à partir duquel le « second temps » peut intervenir ; l’obligation de conservation de l’intégralité des enregistrements téléphoniques des démarchages pour sanctionner efficacement les sociétés se livrant à ces dérives ;de même quel’adoption d’un mécanisme d’authentification de signature garant du consentement des consommateurs.
Plus largement, pour tous les secteurs de la consommation, les associations demandent undispositif d’opt-in, mécanisme qui permettrait aux consommateurs, par un acte positif, de consentir au démarchage téléphonique ; un préfixe aisément identifiable pour les appels de démarchage téléphonique ; et enfin un rapport annuel des contrôles réalisés avec l’identité des entreprises ne respectant par le cadre légal (« naming and shaming »).
Plus d'articles du même thème
-
Des investisseurs institutionnels interpellent les chefs d'Etat sur le marché européen du carbone
Quarante-neuf investisseurs, dont CNP Assurances et l'Ircantec, appellent les dirigeants européens à préserver un système d'échange de quotas d'émissions robuste avant sa révision prévue en juillet. -
Les dépassements d’honoraires mettent le financement de la santé sous tension
La dynamique des dépassements d’honoraires en santé n’est plus soutenable. C’est le constat sans appel du rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie publié le 9 juin. Ce dernier propose trois scénarios pour les réguler, avec des implications différentes pour les complémentaires santé. -
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Le dispositif Jeanbrun souffre d'un démarrage poussif
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- La promesse des produits structurés à capital garanti s’estompe avec la remontée des taux
- L'éducation financière est aussi une affaire de genre
Contenu de nos partenaires
-
MicmacConsigne des bouteilles en plastique : la guerre du bac jaune
A partir de 2029, les consommateurs payeront plus cher leurs bouteilles en plastique et canettes en aluminium pour être incités à les ramener. Les collectivités locales alertent contre une fragilisation du modèle économique de la collecte des déchets, qui pourrait se solder par une hausse de taxes -
FeuilletonAcétamipride, le retour du comeback
Le Sénat, qui examine le projet de loi d'urgence agricole, a réintroduit en commission des possibilités d'utiliser l'acétamipride ainsi que deux autres produits phytosanitaires, de façon dérogatoire -
PATRIMOINEImmobilier : pourquoi les ultra-riches continuent de miser sur Paris
En France, le débat sur les riches polarise la vie politique et va monter crescendo à l’approche de l’année présidentielle. Pourtant, ce n’est ni en France ni en Europe que les grandes fortunes se créent le plus vite, comme le rappelle le « Wealth Report » de Knight Frank, qui analyse l’évolution des Ultra High Net Worth Individuals (UHNWI), ces individus qui ont plus de 30 millions de dollars d’actifs financiers. Des investisseurs aux stratégies opportunistes