Un retour en force du thème de la famille
Réalisée par l’institut Think auprès de 1400 personnes (1), l’étude annuelle présentée par les organisateurs de la convention Patrimonia met l’accent cette année sur la structure familiale dans le cadre de la gestion de patrimoine, un thème qui constituera le fil rouge du salon.
Retour aux sources. Premier constat, les questions d’organisation civiles (contrat de mariage, organisation des donations, testaments…) semblent de plus en plus préoccuper les français. Ainsi, 62 % d’entre eux estiment que ces sujets apparaissent plus importants qu’auparavant (la proportion est encore plus importante pour les investisseurs, soit 72 %). Ces préoccupations sont partagées par les professionnels du patrimoine qui, à 68 %, constatent un intérêt accru de leurs clients pour ces problématiques. «Avec les mutations du schéma familial classique et les interrogations sur la manière dont les particuliers vont pouvoir appréhender leur retraite – que ce soit sur le plan de son financement que des risque dépendance -, nous constatons, cette année, une forte appétence des investisseurs pour les sujets relatifs à la famille», constate Jean-Marc Bourmault, directeur des partenariats de Patrimonia. Pourtant, les conseillers déclarent, à 88 %, que leurs clients ne sont pas bien préparés aux conséquences d’une sortie du schéma familial classique, lors par exemple, d’un divorce ou d’un remariage.
Sans surprise, les préoccupations des français ayant des enfants au foyer s’articulent donc autour de la famille: pour 28 % ils estiment primordial de transmettre au mieux leur patrimoine, pour 26 % leur priorité est de donner un toit à leur famille et 26 % estiment plus important d’épargner pour financer les études de leurs enfants. De leur côté, les CGP constatent également que la transmission du patrimoine, l’acquisition de la résidence principale et le financement des études constituent les principales préoccupations de leurs clients, mais dans des proportions différentes. Ainsi, chez les conseillers, la priorité des clients porte, dans 38 % des cas, sur l’épargne en vue de financer les études des enfants. L’acquisition de la résidence principale n’arrive qu’après (23 %), devant les problématiques de transmission (19 %).
Résultats paradoxaux sur la dépendance. L’étude aborde ensuite, dans une seconde partie, le sujet de la dépendance. Le constat est sans appel pour les français, 72 % d’entre eux sont préoccupés par le sujet de la dépendance, pour eux-mêmes, leurs grands-parents, ou leurs proches, un pourcentage en forte hausse par rapport à l’année passée (la même question posée l’année dernière à un échantillon d’investisseurs révélait que 61 % d’entre eux étaient sensibilisés à la dépendance). Cependant, si l’importance de cette thématique se renforce chez les français, ce n’est pas ce que constatent les conseillers. Ainsi, cette année, 55 % d’entre eux estiment que la dépendance préoccupe leurs clients, alors qu’ils étaient 63 % à le penser l’année dernière. Concernant les produits permettant de se prémunir en cas de dépendance, le contrat d’assurance vie est plutôt davantage préconisé qu’auparavant par les CGP (à 50 %), alors que les investisseurs estiment, à 51 %, que l’épargne dédiée à une retraite complémentaire (participation, intéressement, Perco, PEE) apparaît plus attractif qu’avant. Enfin, l’étude souligne qu’il existe un décalage de perception de l’âge à partir duquel auquel il faut commencer à prendre en compte l’éventualité de la dépendance. Les investisseurs estiment en effet, à 59 %, que 70 ans est un bon âge pour s’y préparer financièrement, alors que les conseillers considèrent, en moyenne, qu’il faut commencer à en parler à leurs clients dès lors qu’ils ont atteint 55 ans.
Conscience des risques. Enfin, la dernière partie de l’étude analyse la manière dont les crises financières ont influé sur le comportement des investisseurs sur la gestion de leur patrimoine. Selon ces résultats , les conseillers apparaissent encore plus conscients des implications de la crise que leurs clients. En effet, si 51 % des français estiment avoir changé leur comportement (61 % si l’on considère une sous-population d’investisseurs disposant d’un patrimoine plus important que la moyenne des personnes interrogés), 85 % des conseillers en gestion de patrimoine ont constaté une évolution dans le comportement de leurs clients. Ainsi, le risque est davantage pris en compte pour 51 % des investisseurs (64 % des CGP le constatent chez leur clients), la diversification des portefeuilles se révèle également plus importante (pour 49 % des investisseurs et 43 % des CGP) et ils comparent aujourd’hui plus souvent les tarifs et les offres (pour 37 % des investisseurs et 45 % des CGP).
(1) Etude menée auprès de 1403 français dont 460 investisseurs individuel et de 207 conseillers en gestion de patrimoine, entre le 29 mai et le 5 juin 2015
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