« Nous regrettons que les cabinets d’avocats ne puissent pas ouvrir leur capital »
L’Agefi Actifs - L’IFEC a organisé ses 2èmes Etats généraux du 15 au 17 juin dernier. Quel était le thème abordé ?
Charles-René Tandé: L’Institut Français des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes (IFEC) représente 4000 experts-comptables également commissaires aux comptes pour 80% d’entre eux. Les structures de nos membres se décomposent ainsi: 40 % sont en structures individuelles, 40 % exercent en cabinets multi-associés, et 20 % font partie de grands cabinets de dimension internationale. En 2013, nous avions lancé nos premiers Etats généraux sur le thème de la commercialité afin de sensibiliser la profession sur un chantier lancé par l’Ordre mais non abouti. La norme professionnelle encadrant les activités commerciales des experts-comptables n’est d’ailleurs toujours pas publiée à ce jour. Cette année, nous avons souhaité faire un point sur ce que peuvent ou ne peuvent pas faire les experts-comptables de manière générale.
Concernant l’exercice du conseil patrimonial, qu’avez-vous pu indiquer aux adhérents présents?
Charles-René Tandé: Il faut distinguer l’exercice du conseil, autorisé en ce que cela relève du domaine du civil, de la vente de produits financiers, qui ne peut être réalisée au sein du cabinet même. Cette activité, même si la norme n’a pas encore été publiée, ne devrait pas faire partie des activités commerciales autorisées à titre accessoire. En revanche, elle peut s’exercer au travers d’une filiale – non inscrite à l’Ordre - du cabinet.
Et s’agissant de l’interprofessionnalité?
Charles-René Tandé: Au regard de la loi Macron, actuellement en cours de discussion, l’IFEC se félicite de l’intégration des experts-comptables dans les structures d’exercice interprofessionnelles, mais regrette que les commissaires aux comptes aient été écartés. Par ailleurs, si les experts-comptables peuvent ouvrir leur capital, sous réserve de conserver 66 % des droits de vote, nous regrettons qu’il ne soit pas possible de faire de même au sein des cabinets d’avocats. En effet, si les structures interprofessionnelles d’exercice permettront aux experts-comptables d’exercer aux côtés des avocats, cette mesure est davantage faite pour les jeunes que pour les structures bien installées. Pour ces dernières, l’ouverture du capital des cabinets d’avocats aurait permis de réaliser des systèmes de participations croisées entre elles.
L’Agefi Actifs: Selon vous, quels sont les défis à venir pour les experts-comptables?
Charles-René Tandé: L’ère du numérique sur les matières comptables traditionnelles conduit à réduire de plus en plus les marges réalisées par les professionnels du chiffre. Encore beaucoup n’ont pas développé ces outils numériques. Ils doivent le faire afin de dégager du temps pour développer les missions de conseil à valeur ajoutée.
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