Ce n’est pas tous les jours que l’on voit des gérants de fortune draguer des CGP. Généralement, les uns évoluent dans leur domaine sans trop se préoccuper des autres. Des synergies existent pourtant entre ces deux métiers, mais peu jusqu’à présent en tiraient parti. C’est le cas d’Avant-Garde Investment, qui a décidé de multiplier les casquettes. En parallèle de sa propre clientèle, la société de gestion de fortune a décidé de mettre son expertise des marchés financiers au service des cabinets de conseil en patrimoine. Explications.
Généralistes et spécialistes
Lancé en avril 2020, Avant-Garde Investment se présente comme un spécialiste des placements. Un peu comme en médecine, Benjamin Sacchet, co-fondateur associé de la société, dit considérer les CGP comme des « médecins généralistes». « Les marchés financiers nécessitent des connaissances techniques pointues qu’il n’est pas forcément facile d’acquérir, explique-t-il. Nous pouvons les aider à répondre aux besoins de leurs clients exigeants ou aux problématiques complexes ».
Pour ce faire, la jeune société s’adapte aux CGP. A la demande des conseillers en patrimoine, les experts d’Avant-Garde peuvent les accompagner en rendez-vous client ou opérer totalement en marque blanche. L’enjeu pour l’équipe de Benjamin Sacchet est de les rassurer sur le risque d’une potentielle concurrence et de se présenter comme un partenaire complémentaire. « Leur clientèle est leur chasse gardée et notre objectif est de ne pas nous immiscer dans cette relation», assure le jeune dirigeant.
Une dizaine de cabinets de conseil en patrimoine travaille déjà avec Avant-Garde. Deux profils se dégagent principalement : les indépendants souhaitant un gérant de fortune externalisé pour accroître le volume d’affaires et ceux spécialisés historiquement en immobilier. « Beaucoup se plaignent du temps pris par la gestion administrative, relate Benjamin Sacchet. Nous les aidons à se libérer de ces tâches chronophages pour qu’ils se concentrent sur leur activité principale ».
A l’heure du digital
Des gérants de fortune qui tendent la main aux CGP, l’affaire n’est pas courante. Mais elle ne doit pas faire oublier le cœur de métier d’Avant-Garde et ses résultats honorables après une première année d’exercice compliquée. Entre confinements et couvre-feux, la jeune pousse a réussi à convaincre une quarantaine de clients et gère à présent 150 millions d’euros de patrimoine financier. A travers ses trois profils de gestion (patrimonial, opportuniste et dynamique), Avant-Garde couvre toutes les classes d’actifs en architecture ouverte. Sur son site Internet, elle revendique une connexion directe aux principales salles des marchés européennes, sans courtier intermédiaire. De quoi lui permettre de «concevoir sur-mesure les meilleurs produits d’investissement » …Et aussi de casser les coûts.
Son ticket d’entrée s’élève à 500.000 euros, avec une marge de flexibilité en fonction des profils. A l’instar des multi family offices tels que Pulse ou bien encore Letus, les nouveaux acteurs de la gestion de fortune, créés par une génération d’entrepreneurs jeunes et connectés, semblent davantage regardant sur le potentiel des clients que sur le patrimoine confié à l’entrée.
Aux manettes d’Avant-Garde, on retrouve de jeunes talents qui ont rapidement fait leurs armes dans des sociétés plus établies en gestion de fortune (Indosuez Wealth Management) ou en marchés financiers (I-Kapital, Walnut Algorithms, Alienor Capital). Désormais à la tête de leur propre société, les associés veulent développer leur activité sans rogner sur la qualité de service. Objectif : pas plus de 50 clients par conseiller et un délai maximum de 15minutes pour les recontacter en cas d’appel manqué.
Des objectifs ambitieux pour une alliance atypique.
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