Suspension de la prescription de l’action en paiement du prêt en cas de défaut d’information
La société Crédit foncier de Francea consentià un couple, un prêt relais, dont elle a reçu un remboursement partiel le 17 décembre 2010. Après le décès del’époux, elle a, le 16 juillet 2013, assigné en paiement du solde du prêtsa femmeainsi queses héritiers. Or, la banque disposait d’un délai de 2 ans pour réclamer le paiement de ce solde.
La Cour d’Appel de Versailles a déclaré l’action en paiement de la banqueprescrite,considérantque celle-ci n’était pas dans l’impossibilité d’agir à l’encontre del’épouse, ce qui aurait eu pour effet d’interrompre le délai de prescription à l’égard de l’ensemble des codébiteurs solidaires.
Dans un arrêt du 23 janvier 2019 (n°17-18219), la Cour de cassation casse et annule cet arrêt, estimant quela banque n’avait eu connaissance de la dévolution successoraledu marique le 27 juin 2013, de sorte qu’elle s’était trouvée dans l’impossibilité d’agir contre les héritiers du défunt jusqu’à cette date. Elle se prononce au visa desarticles2234 duet1203 duCodecivil, dansleurrédaction antérieure à celle issue de l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016. La Cour rappelle que selon ces dispositions, “la prescription ne court pas ou est suspendue contre celui qui est dans l’impossibilité d’agir par suite d’un empêchement résultant de la loi, de la convention ou de la force majeure”. Par ailleurs, “le créancier d’une obligation contractée solidairement peut s’adresser à celui des débiteurs qu’il veut choisir”. “L’impossibilité d’agir doit être appréciée au regard du lien que fait naître la solidarité entre le créancier et chaque codébiteur solidaire, peu important que le créancier ait la faculté, en application de l’article 2245, alinéa 1er, du code civil, d’interrompre la prescription à l’égard de tous les codébiteurs solidaires, y compris leurs héritiers, en agissant contre l’un quelconque d’entre eux”, indique la Cour de cassation.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
L’établissement reste très rentable sur ses métiers traditionnels, mais les projets dans les cryptos et les paiements continuent de générer des pertes importantes. Alain Clot, président de France Fintech désigné administrateur en début d'année, a démissionné. -
Revolut franchit une étape supplémentaire pour sa licence bancaire américaine
La fintech a obtenu une autorisation conditionnelle du bureau du contrôleur de la monnaie des Etats-Unis. Elle devra cependant obtenir encore plusieurs autorisations pour pouvoir lancer sa banque aux Etats-Unis en 2027. -
La Fed de Dallas tire la sonnette d'alarme sur les dépôts tokenisés
Selon la Fed de Dallas, les dépôts sur la blockchain pourraient être moins stables que les dépôts traditionnels et être plus sensibles aux taux. Dans le scénario envisagé, cela aurait un impact négatif sur le coût du crédit pour les consommateurs et les entreprises.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Pictet AM débauche un responsable ETF chez J.P. Morgan
- Amundi repasse devant UBS dans le classement des gestionnaires de fonds ouverts en Europe
- Les taux de crédit immobilier restent stables avant une probable hausse dès la mi-septembre
- La hausse des taux réels pèse sur l’or
- L’intelligence artificielle refaçonne la médiation de l’assurance
- Cyrus Herez recrute un directeur commercial
Contenu de nos partenaires
-
SéismeAllemagne : la politique de Merz sévèrement sanctionnée lors d'une élection régionale en ex-RDA
L'extrême-droite a remporté avec un score historique le scrutin dimanche en Saxe-Anhalt, un Land rural de l'est du pays -
Ultra-trailPrésidentielle : télé, radio, la campagne permanente
Les candidats multiplient les apparitions médiatiques depuis la rentrée scolaire. Ce qui se répétait avant dans les meetings se martèle aujourd'hui sur les plateaux alors que la campagne n'en est qu'à ses débuts. Malheur à celles et ceux qui ne tiendront pas le rythme -
EditoLes bobards de Marine Tondelier sur l’interdiction du mensonge en politique
A l’heure des infox et de l’IA, démêler le vrai du faux devient de plus en plus ardu. Mais la contre-argumentation vaudra toujours mieux que la censure