Sanction d’un notaire pour défaut de conseil dans le choix d’un régime matrimonial
Une femme, exerçant à titre libéral la profession de chirurgien-dentiste, et son époux, exerçant la même profession comme salarié, se sont mariés, le 12 novembre 2005, sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts. Leur contrat de mariage stipulaitune clause d’attribution intégrale de la communauté au conjoint survivant et une clause de donation entre époux portant sur l’universalité des meubles et immeubles composant la succession. Estimant avoir été mal conseillés dans le choix de leur régime matrimonial, ceux-ci ont assigné le notaire rédacteur, et la SCP, en indemnisation. La Cour d’appel de Limoges ayant fait droit à leur demande considérant que seul le régime matrimonial de la séparation de biens convenait à cette situation, l’étude notariale s’était pourvue en cassation.
Dans son arrêt du 3 octobre 2018, la Cour de cassation (n°16-19619) rejette le pourvoi des notaires. Elle estime que «le notaire chargé de rédiger le contrat choisi par des futurs époux est tenu, non pas de les informer de façon abstraite des conséquences des différents régimes matrimoniaux, mais de les conseiller concrètement au regard de leur situation, en les éclairant et en appelant leur attention, de manière complète et circonstanciée, sur la portée, les effets et les risques des régimes matrimoniaux pouvant répondre à leurs préoccupations».
Or au moment de la conclusion du contrat, l’épouse «exerçait une profession libérale et s’était endettée afin de s’installer, faisant ainsi ressortir que cette activité comportait un risque financier». En l’espèce, les notaires ne démontraient pas que «les futurs époux leur avaient fait part de raisons particulières de nature à les inciter à choisir un tel régime matrimonial assimilable à celui de la communauté universelle, ni qu’ils leur avaient donné un conseil adapté à leur situation professionnelle spécifique», caractérisant ainsi, «le manquement du notaire rédacteur à son obligation d’information et de conseil».
Plus d'articles du même thème
-
Les notaires esquissent un nouveau cadre fiscal pour les successions et donations
À quelques mois des échéances électorales, les notaires mettent la fiscalité patrimoniale sur la table avec 21 propositions, dont une baisse des droits de donation. -
Le notariat veut sécuriser le virage vers le numérique
Entre le choix d’un hébergeur unique pour les données des clients, la montée en puissance sur la cybersécurité et l'encadrement de l’usage de l’IA, le notariat dévoile une stratégie ambitieuse pour renforcer la sécurité des pratiques numériques. -
Le testament solidaire gagne du terrain dans le financement des associations
Face à la vague de transmissions de patrimoine qui s'annonce, les associations voient dans les successions une nouvelle ressource pour diversifier leurs financements.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Les notaires minorent les 9.000 milliards d'euros de la grande transmission
- Le gouvernement mise sur la régularisation fiscale pour accroître les recettes
- Lignées & Patrimoine démarre son activité de conseil
- Le spread OAT-Bund dépasse 100 points de base
- HSBC AM lance un fonds d’infrastructures cotées conforme à la charia
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi Emmanuel Macron annonce l'envoi de soldats français en Arabie saoudite
Le président de la République a annoncé jeudi soir l'envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite, espérant contribuer à la stabilisation des marchés pétroliers affolés par la guerre au Moyen-Orient -
AlerteEmmanuel Macron renouvelle ses mises en garde contre la Russie
Le chef de l'Etat a tenté de faire la pédagogie de son action pour faire baisser les prix des carburants et assurer la sécurité du pays face au bellicisme russe -
EditorialMacron aux 20 heures : expliquer, c'est aussi inquiéter
Il y a près de seize mois qu’Emmanuel Macron n’était pas intervenu à la télévision, en ouverture des 20 heures de TF1 et France 2. Et ce n’est pas un hasard si le chef de l’Etat a choisi ce format XXL pour s’exprimer : les Français sont entrés très tôt, très vite, très fort dans la campagne électorale, joute dont Emmanuel Macron, pourtant constitutionnellement inéligible, ne veut pas être exclu. Le risque pour lui serait en effet que, déjà proche des pires scores de popularité décrochés par François Hollande à la fin de son unique mandat, il devienne le punching ball de tous les candidats, à la fois pour son bilan et pour sa responsabilité dans l’état de dénuement budgétaire et financier dans lequel se retrouve le pays en pleine crise de l’énergie.