Bercy tente de colmater les dommages des fuites de données chez ses services fiscaux

Le site des impôts a subi à son tour une cyberattaque. Cette attaque malveillante a permis la consultation et l’extraction de données fiscales potentiellement sensibles des particuliers et des professionnels.
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Après Bloctel, le fisc. Le système d’information de la Direction générale des Finances publiques (DgFip) a été victime d’une cyberattaque, a informé dans un communiqué paru le 13 août 2026 le ministère de l’action et des comptes publics. Cette attaque malveillante a permis la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels, poursuit le ministère.

Outre les classiques noms, dates de naissance, numéros de téléphone et adresses (postales et e-mail), le pirate a aussi pu consulter des données habituellement protégées comme la composition du foyer fiscal, le nombre de parts et surtout le taux d’imposition et le revenu fiscal de référence (RFR). Des informations sensibles puisqu’elles sont susceptibles de faciliter le ciblage de ménages fortunés.

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700.000 personnes concernées

Au fil du week-end, l’ampleur de cette fuite de données a été précisée. Le site spécialisé French Breaches, qui documente les cyberattaques en France, l’avait évaluée à 678.437 personnes concernées, dont 392.867 particuliers et 285.570 professionnels. Une ampleur confirmée par Bercy.

La section cyber du parquet de Paris a ouvert une enquête samedi, avec des investigations confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac). Celles-ci portent notamment sur « l’extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat ». L’enquête englobe également, entre autres, la « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement ».

Début de polémique

Cette nouvelle fuite s’accompagne d’un début de polémique, à commencer par un soupçon d’insuffisances techniques publiques mises au jour à l’occasion de ce hacking. D’autant que cette cyberattaque contre la forteresse fiscale de Bercy n’est que le dernier chapitre d’une longue série d’épisodes équivalents dans des administrations publiques. La France est le pays européen – le deuxième au monde - qui recense le plus grand nombre de fuites avec 43,4 millions de comptes compromis au premier semestre.

L’affaire prend même une dimension politique. Les sénateurs socialistes ont demandé le 15 août, dans un courrier adressé à Gérard Larcher, le président du Sénat, une commission d’enquête parlementaire sur ce piratage. «Les événements intervenus depuis le début de l’année 2026 font apparaître une succession d’incidents qui justifie désormais, me semble-t-il, que le Parlement puisse disposer d’une vision d’ensemble», a écrit le président du groupe socialiste Patrick Kanner.

L’affaire s’accompagne d’un second lot de critiques concernant la légèreté avec laquelle la DGFiP aurait agi. L’intrusion a eu lieu fin juin, « après une usurpation d’identité. Les premières investigations confirment que cet accès, qui avait été coupé dans le cadre du contrôle opéré fin juin a néanmoins permis [le vol de données] », a détaillé Bercy vendredi soir, soulignant que « dès la détection de leur compromission, la DGFiP a immédiatement coupé les accès de l’ensemble des comptes utilisés dans les incidents identifiés. » L’épisode n’a toutefois été dévoilé qu’à la mi-août.

Après la notification de l’incident à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), les particuliers et les entreprises concernés ne devaient commencer à être informés, comme la loi l’impose, qu’en ce début de semaine.

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