Biens professionnels et ISF : une stratégie d’optimisation validée
Des époux dirigent une agence immobilière dont ils possèdent l’intégralité des actions. Cette société détient le capital d’une société administrateur de biens et syndic de copropriété qui détient elle-même le capital d’une société possédant des biens immobiliers au travers de six filiales. Les époux ont déclaré sur l’intégralité des actions qu’ils détiennent dans l’agence immobilière en tant que biens professionnels, et à ce titre exonérées d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). L’administration fiscale a adressé une notification de rectification de leur ISF aux époux, estimant que l’agence immobilière, au travers de filiales et sous-filiales, possédait un patrimoine immobilier qui n’apparaissait pas nécessaire à son activité et ne répondait donc pas aux conditions d’exonération posées par l’article 885 O ter du code général des impôts. Les époux saisissent le tribunal de grande instance afin d’être déchargé de cette imposition.
Les juges du fond et la Cour d’appel font droit à leur requête. La Cour d’appel considère notamment qu’ « aucune disposition ne prévoit l’extension du champ d’application de l’article 885 O ter aux actifs des filiales et sous-filiales de l’ensemble des sociétés composant le groupe en sorte qu’il n’y a pas lieu de rechercher si les actifs de ces sociétés sont nécessaires à l’activité de la [société exerçant l’activité d’agence immobilière] ».
L’administration fiscale forme un pourvoi devant la Cour de cassation qui est rejeté, la Haute juridiction estimant que c’est à bon droit que la cour d’appel avait considéré que «l’article 885 O ter du code général des impôts, qui limite la portée de l’exonération de taxation des biens professionnels, est d’interprétation stricte, en sorte que son champ d’application ne s'étend pas aux actifs des filiales et sous-filiales des sociétés constituant un groupe et que le terme « société », qu’il mentionne, renvoie seulement à la société qualifiée de bien professionnel par l’article 885 O bis du même code, dans laquelle le contribuable détient des parts sociales».
Lire l’arrêt du 20 octobre 2015 ici.
Pour détailler les enjeux pratiques de l’arrêt, un article sera publié dans la prochaine édition (Agefi Actifs n°664).
Plus d'articles du même thème
-
Le dispositif Jeanbrun doit être appréhendé comme un outil de transmission
Le "nouveau statut de bailleur privé", très critiqué par les acteurs de l'immobilier, se révèle pertinent dans le cadre d'une donation. -
L’immobilier est-il toujours un placement fiscalement attrayant ?
Dans un contexte de marché perturbé, l’immobilier traverse des turbulences tout en demeurant l’un des postes d’investissement privilégiés en France. Toutefois, le secteur doit également composer avec la mutation constante de son environnement fiscal dont la loi de finances pour 2026 est la parfaite illustration. -
Fiscalité des management packages : encore un effort, cher législateur
Dans une tribune pour L’Agefi, Tristan Audouard, avocat fiscaliste chez Jeausserand Audouard, analyse la décision rendue le 7 mai 2026 par le Conseil d’Etat et souligne la nécessité d’assurer une stabilité fiscale autour de ces dispositifs.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- Les 9.000 milliards d’euros de la grande transmission sont devenus un marqueur politique
- L’énergie et la technologie alimentent les records en Bourse
- Robeco lance une stratégie quantitative sur les actions mondiales
- Les fonds d'obligations convertibles internationales à la loupe #167
- Qwarks obtient son agrément MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Toujours plus de NeetAu Royaume-Uni, le spectre d'une « génération perdue »
Plus d’un million de jeunes Britanniques ne sont ni en emploi, ni en formation. Un rapport gouvernemental pointe un système social inefficace et un marché du travail inadapté -
Oman dans le viseur de Donald Trump : menace réelle ou nouveau lapsus ?
Lors d'une allocution le 27 mai, Donald Trump a surpris jusque dans son propre camp en menaçant de « pulvériser » Oman, pourtant allié historique de Washington. Manifestement, le président aurait (encore) confondu deux pays -
Plan de départsPneus asiatiques, pression fiscale : pourquoi Michelin veut supprimer 1 500 emplois
Le leader français des pneus a annoncé ce jeudi un nouveau dispositif de départs volontaires, sur fond de conjoncture dégradée par les tensions macroéconomiques