La Société Générale tourne la page du crowdfunding
Le monde bancaire met un terme à son aventure dans le crowdfunding. La Société Générale se retire de ce marché et emboîte le pas à La Banque Postale qui a commencé fin 2024 à démanteler son pôle de financement participatif, en vendant coup sur coup ses filiales Lendopolis et KissKissBankBank.
Baisse de 70% du CA et 12 millions d’euros en procédures collectives
Le groupe de La Défense a cédé la plateforme Lumo, spécialisée dans les projets d’énergies renouvelables, qu’elle avait acquise en 2018, à sa concurrente Enerfip. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué, mais devrait néanmoins traduire les difficultés de la société.
D’après le site Pappers.fr, son chiffre d’affaires s’est replié en un an de près de 70%, passant d’un pic de 2,7 millions d’euros en 2023 à 817.000 euros en 2024. Sous le plafond du million d’euros qu’elle avait passé pour la première fois en 2021... Cette baisse d’activité s’inscrit pourtant dans un contexte porteur pour le crowdfunding. Si l’immobilier est plombé depuis deux ans, le secteur des énergies renouvelables est lui à la hausse. Il a attiré 171 millions d’euros de levées au premier semestre, soit 7% de plus qu’à la même période en 2024.
Lumo a aussi connu des changements du côté de sa gouvernance, avec le départ de ses deux co-fondateurs, Marie Pons en 2017 et Alexandre Raguet en 2019. La présidence est désormais occupée par Olivier Houdaille, qui a rejoint l’entreprise en 2014. Créée en 2012 à La Rochelle, la plateforme revendique à date 260 collectes pour près de 230 millions d’euros au total, dont un peu moins de 13% ont été rendus aux investisseurs (80 projets intégralement remboursés). Si elle n’a eu à subir aucune perte définitive à date, cinq projets font actuellement l’objet de procédures collectives, pour un montant total de près de 12 millions d’euros.
L’ensemble rejoint donc l’escarcelle d’Enerfip, une plateforme montpelliéraine lancée en 2014, spécialisée elle aussi dans la transition énergétique. En onze ans, Enerfip a financé plus de 600 projets pour près de 758 millions d’euros. A l’instar de Lumo, elle n’a subi aucune perte définitive jusqu’à présent, mais six de ses projets, portés par trois émetteurs, sont en procédure collective.
A lire aussi : Enerfip lance sa société de gestion
Son président et co-fondateur, Julien Hostache, a indiqué à La Tribune que la marque Lumo disparaitrait. Son entreprise ne devrait pas intégrer les employés qui s’occupaient de la plateforme dans le groupe Société Générale, à l’exception d’une personne qui devrait les rejoindre.
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