UBS montre ses muscles sur le marché français
A quelques mois de l’ouverture attendue du procès en correctionnelle d’UBS et de sa filiale tricolore, Jean-Frédéric de Leusse sort de son silence. Le président du directoire d’UBS France affiche sa sérénité et revendique même une «croissance forte et rentable» depuis sa prise de fonction en mars 2012. C'était juste avant les révélations sur de supposées pratiques passées de démarchage illicite et de blanchiment de fraude fiscale de clients fortunés français.
Signe de son engagement sur le marché local, UBS va investir «15 millions d’euros» jusqu’en 2020 dans la digitalisation et la simplification de processus opérationnels de sa filiale, qui emploie 383 personnes en France.
«A mon arrivée, nous gérions environ 8 milliards d’euros d’actifs. C’est 17 milliards aujourd’hui», a déclaré hier Jean-Frédéric de Leusse lors d’un point presse organisé par l’Association des journalistes économiques et financiers. «L’an dernier, nous sommes passés de 11 à 17 milliards d’euros d’encours avec 2 milliards de croissance externe [le rachat de Banque Leonardo, ndlr], 1 milliard de performance et plus de 2 milliards de collecte», détaille Jean-Frédéric de Leusse. Pour que le compte soit bon, il faut y ajouter 600 millions liés au transfert interne d’une activité de distribution de fonds d’UBS AM.
Après avoir profondément restructuré ses activités de banque d’investissement et de gestion d’actifs ces dernières années, la banque a signé hier l’entrée à hauteur de 49% de La Maison, le club d’investisseurs fortunés emmenés par Michel Cicurel, au capital d’UBS La Maison de Gestion. Cette JV regroupe le reliquat d’UBS AM France (l’ex-CCR AM) et Ocea Gestion, l’ancienne filiale de gestion de Banque Leonardo. La coentreprise regroupe 5 milliards d’euros d’encours (dont 2,5 milliards en mandats et fonds dédiés) et 45 collaborateurs. Elle va se structurer autour de «5 ou 6 fonds d’actions européennes, d’allocation et de mid et small caps», énumère Jean-Frédéric de Leusse.
L’objectif est de «créer une très belle structure de gestion d’actifs» via un modèle de JV «inédit» dans le groupe UBS, pour que certains clients «se posent la question qu’UBS devienne leur première ou deuxième banque, au lieu de la cinquième». «Il n’y a pas d’arrière-pensée. On s’est donné cinq ans pour regarder ce que ça donnait», affirme Jean-Frédéric de Leusse. Certains observateurs voient pourtant dans cette alliance, dévoilée par L’Agefi en 2016, «une possible porte de sortie» pour une partie des activités d’UBS France, en cas de condamnation du groupe en France.
Plus d'articles du même thème
-
L'activité des grandes fortunes dope les résultats des banques singapouriennes
Dans un contexte mondial incertain et des taux en berne, les banques singapouriennes profitent de l’explosion de l'activité des fortunes privées. Leurs cours bondissent jusqu'à près de 50 % depuis le 1er janvier 2026. -
Le Suisse Cinerius se renforce au Luxembourg en rachetant le gestionnaire de fortune Nordlux
Le groupe suisse Cinerius, déjà implanté au Luxembourg via GSLP, franchit une nouvelle étape stratégique en acquérant Nordlux. Les deux entités, positionnées au Grand-Duché, devraient se rapprocher et représenter une structure de 1,5 milliard d'euros sous gestion. -
Société Générale Private Banking affiche des résultats en légère baisse par rapport au premier trimestre
La collecte nette et le produit net bancaire de l'activité de gestion privée de Société Générale ont diminué respectivement de 15% et de 7%. Cependant, le produit net bancaire grimpe de 18% par rapport à l'an dernier.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
- Les solutions de gestion transfrontalière séduisent les grandes fortunes
- La capitalisation totale des SCPI recule au 30 juin 2026
- Le gouvernement améliore la prise en compte de la parentalité dans la retraite des femmes
- Le cabinet Prosper Conseil nomme un nouveau directeur général
- Deux néo-SCPI capitalisent sur leurs patrimoines
Contenu de nos partenaires
-
Ces lieux qui disent la géopolitiqueNida et Narva, ou la Russie dans les yeux
Aux confins de l’Union européenne, ces villes lituanienne et estonienne incarnent le face-à-face silencieux avec la Russie. Les menaces géopolitiques y cohabitent avec des réalités humaines parfois ambiguës -
Vaches maigresSécheresse et canicules, accélérateurs du déclin de l'élevage bovin français
La filière bovine tire la sonnette d'alarme. Faute de l'assurance de pouvoir nourrir les animaux, à cause du manque de fourrage, les éleveurs sont tentés de réduire drastiquement un cheptel déjà amputé de 15% en moins de 10 ans -
AmbiguïtéArme nucléaire : au Japon, Sanae Takaichi sème le doute
Alors que le pays vient de commémorer le 81e anniversaire des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, la Première ministre est restée vague sur l'avenir de la dissuasion nucléaire dans le pays