Pékin s’ouvre un peu plus aux banques étrangères
C’est un pas de plus en faveur de l’entrée des capitaux étrangers dans l’empire du Milieu. Les banques peuvent dorénavant ouvrir des succursales en Chine sans nécessairement s’associer à un partenaire local, a annoncé vendredi l’autorité de régulation bancaire, la China Securities Regulatory Commission (CSRC), dans un communiqué. Depuis le 1er janvier, les sociétés étrangères spécialisées dans les contrats à terme peuvent investir en Chine sans limites à la détention de capitaux. Les sociétés de gestion de fonds pourront bénéficier de cette mesure à partir du 1er avril, et les courtiers à compter du 1er décembre 2020.
Avec cette nouvelle annonce, Pékin montre sa bonne volonté envers les marchés financiers, alors qu’un accord commercial préliminaire entre les deux puissances doit être signé mi-janvier, selon Washington. Les deux premières économies se livrent depuis mars 2018 une guerre commerciale sans merci.
Jusqu’à présent, les banques étrangères devaient s’associer à un partenaire local, et n'étaient pas autorisées à détenir plus de 49% des co-entreprises dans lesquelles elles avaient investi. Plusieurs banques s’étaient pliées à ces conditions, telle ING, qui annonçait en mars dernier créer une banque en coentreprise avec Bank of Beijing,
Puis la Chine a multiplié les gestes. Le calendrier d’ouverture du marché a été officialisé en septembre dernier et le rythme avancé de 2021 à 2020. En octobre dernier, Amundi, premier gestionnaire d’actifs européen, et Bank of China Wealth Management, filiale de Bank of China, annonçaient avoir le feu vert du régulateur pour la création d’une coentreprise en Chine. En décembre, la banque suisse UBS était la première banque étrangère à pouvoir prendre une participation majoritaire de 51% dans une société de courtage chinoise: elle avait annoncé dès mai 2018 vouloir porter sa participation dans sa filiale chinoise UBS Securities de 24,66% à 51%, en rachetant des parts à son partenaire Beijing Guoxiang Property Management. Elle avait été suivie par JPMorgan, ainsi que par le japonais Nomura.
L’annonce du régulateur chinois devrait susciter de nouvelles ardeurs chez les grandes banques internationales, qui s’emploient depuis des années à accroître leur présence en Chine. De fait, le marché local des produits dérivés y a atteint un volume de 30.000 milliards de dollars (26.800 milliards d’euros) en 2018. Dès jeudi dernier, veille de l’annonce du CSRC, JPMorgan annonçait vouloir devenir actionnaire à 100% de sa coentreprise de futures en Chine, dont elle détient actuellement 49%, avec un partenaire chinois.
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