Orange Bank saute enfin dans le grand bain
Fini de regarder passer les trains. Après quatre faux départs, annoncés successivement pour début 2017, mi-mai, début juillet, puis à la rentrée, Orange Bank devrait finalement être lancée le 2 novembre, a annoncé hier le PDG d’Orange Stéphane Richard sur son compte Twitter.
L’opérateur de télécoms explique ces retards par sa volonté de prolonger la phase de tests, menés depuis mi-mai auprès de 1.000 salariés du groupe, et qui «n’ont pas été à la hauteur des exigences de qualité et de fiabilité attendues». Les ambitions d’Orange n’ont pas changé depuis le lancement de ce projet de banque mobile en mars 2016 avec le rachat de Groupama Banque. Il espère séduire 2 millions de clients d’ici à dix ans, en misant sur son parc de 30 millions de clients mobiles.
Seulement entretemps, dix-neuf mois se sont écoulés. De nombreux prétendants se sont engouffrés dans la brèche des néo-banques, ces sociétés technologiques souhaitant révolutionner la banque de détail. Les fintech ont été les premières à donner l’assaut. La banque mobile allemande Number26, qui s’est lancée en janvier dans l’Hexagone, revendique déjà 100.000 utilisateurs, gagnés grâce au bouche à oreille.
Les banques, de leur côté, n’ont pas tardé à sortir le chéquier : en juillet 2016, BPCE a racheté une autre néo-banque allemande, Fidor. Cette année, BNP Paribas a racheté le Compte Nickel, un «compte sans banque» qui n’exclut pas de proposer du crédit et de l’épargne dans quelques années. Puis le Crédit Mutuel Arkéa a acquis la fintech française Pumpkin, pour en faire une néo-banque.
Les acteurs non financiers, les plus comparables à Orange en termes de positionnement, ont aussi donné un coup d’accélérateur. En mars, le distributeur Carrefour a lancé son propre compte courant, C-Zam, dans 3.000 magasins. En juillet, le concurrent d’Orange Altice a déposé une demande d’agrément européen afin de lancer une banque en ligne baptisée Alticebank.
Rien qu’en France, Orange Bank aura donc fort à faire pour se démarquer. D’autant que la loi sur la mobilité bancaire, sur laquelle le groupe espérait surfer, n’a pas eu l’impact attendu.
La concurrence internationale guette aussi. Aux Etats-Unis, les trois fintech Square, SoFi et Varo Money ont fait des demandes de licence bancaire. Au Royaume-Uni, la fintech Tandem a court-circuité ce long processus en rachetant la licence bancaire du magasin Harrods.
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