Le Compte-Nickel mène la belle vie chez BNP Paribas
Depuis qu’elle s’est fait racheter par BNP Paribas en avril, la Financière des Paiements Electroniques (FPE) est plus sereine. La société a lancé en 2014 le Compte-Nickel, un compte sans banque commercialisé par les buralistes. Elle a neuf tours de table à son actif. «Il y a eu de la surchauffe», s’est rappelé hier en conférence de presse Hugues Le Bret, président du conseil de surveillance, en référence aux années passées à écumer les réseaux d’investisseurs. Le 29 août, le dirigeant a laissé son siège de président de la FPE à Arnaud Giraudon, ex-directeur général.
Auparavant, la FPE avait 140 actionnaires «avec des intérêts divergents», a poursuivi Hugues Le Bret : «certains voulaient récupérer leur argent, d’autres voulaient investir». La start-up avait fait entrer des fonds à son capital, Partech Ventures fin 2015, puis Fidelity fin 2016. La pression pour croître l’avait conduite à se disperser dans des lancements auprès des professionnels et des ambitions internationales. Des velléités désormais abandonnées ou repoussées à moyen terme.
5.000 points de vente visés à fin 2018
«Les fonds voudraient tout multiplier par quatre tout de suite», a glissé Hugues Le Bret. Aujourd’hui, l’entreprise se concentre sur la croissance dans les paiements auprès des particuliers français. Une diversification vers le crédit ou l’épargne n’est pas prévue pour 2018, mais peut-être plus tard en architecture ouverte.
Le rachat par BNP Paribas a aussi permis de prolonger de 2025 à 2035 l’accord d’exclusivité avec le réseau des buralistes. L’objectif est d’atteindre 5.000 points de vente à fin 2018, contre 2.787 aujourd’hui (sur 25.000 bureaux de tabac en France), afin de faire jeu égal avec le Crédit Mutuel. Le million de clients est prévu pour l’été 2018.
Forcément, BNP Paribas a décuplé les moyens financiers. Les effectifs ont triplé, tant au service client (où ils sont passés à 90) qu’en conformité (à 30). Coûteuse, la conformité est d’ailleurs mise aux normes du groupe, supérieures à celles de Compte-Nickel. La FPE installe un système informatique de tenue de compte en temps réel basé sur la technologie Cassandra, également utilisée par Facebook et Apple, qui doit permettre de gérer de très gros volumes de paiements instantanés. Enfin, BNPP permet de réaliser des économies d’échelle significatives sur les coûts payés à Mastercard, Gemalto, ou pour les flux Sepa.
Après 20 millions de chiffre d’affaires en 2016, la FPE devrait atteindre 36 millions en 2017. Alors qu’elle perdait 3 millions depuis le début de l’année, elle a passé le point d’équilibre au mois d’août.
Plus d'articles du même thème
-
La Caisse du Québec investit dans une pépite du financement hypothécaire au Canada
L’institution québécoise s’est engagée auprès de Nesto, une jeune fintech canadienne spécialisée dans le financement hypothécaire. -
OTPP et GIC mènent un tour de série F de 750 millions de dollars dans Ramp
La fintech américaine spécialisée dans la gestion des dépenses d'entreprise boucle un tour de série F à 44 milliards de dollars de valorisation. -
DFNS fait peau neuve pour séduire les banques
La fintech DFNS spécialisée dans la fourniture de wallets crypto sécurisés se positionne comme fournisseur de core-banking système pour la finance on-chain.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
Comeback KidLa remontada de J.D. Vance après les pourparlers en Suisse
Envoyé par Donald Trump pour négocier avec l'Iran, le vice-président ressort de cette mission diplomatique à haut risque avec une cote de popularité en hausse pour 2028 -
ChaudronEléonore Caroit : « Nous appelons les Etats-Unis à faire appliquer l'accord de cessez-le-feu au Liban »
De retour du Liban, la ministre déléguée aux partenariats internationaux et à la Francophonie décrit une situation « volatile », après l'accord américano-iranien qui inclut le pays du Cèdre -
Money, moneyLe Parlement européen fait avancer le projet de « monnaie anti-Trump »
L’euro numérique, présenté comme une solution souveraine et concurrente des Américains Visa et Mastercard, a franchi une étape clé