Les projets de banque mobile prennent du retard
Créer une offre bancaire sur smartphone donne décidément bien du fil à retordre. Orange a annoncé hier que sa banque mobile ne sera finalement pas déployée auprès du grand public le 6 juillet, comme prévu initialement, mais à la rentrée 2017. Dans une interview à Paris Match, le PDG Stéphane Richard a expliqué avoir «décidé de prolonger la phase de test. Nous allons prendre le temps nécessaire, car nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir le moindre bug». Les tests menés depuis mi-mai auprès de 1.000 salariés «n’ont pas été à la hauteur des exigences de qualité et de fiabilité attendues par le groupe», a précisé à L’Agefi un porte-parole d’Orange.
Orange Bank a été développée grâce au rachat de Groupama Banque en mars 2016. Le déploiement était d’abord prévu début 2017, puis mi-mai, puis début juillet, avant d’être repoussé après l’été, sans qu’une date précise ne soit fixée.
Une informatique pas toujours au niveau
«C’est très compliqué pour Orange car il s’agit d’intégrer Groupama Banque, qui avait sa propre offre et sa propre informatique, toutes deux présentant des difficultés intrinsèques, explique Philippe Auther, responsable du secteur banque chez Kéa & Partners. Le travail de rationalisation et de simplification de l’offre a été nécessaire pour répondre aux enjeux d’une offre de banque en ligne. Groupama Banque avait créé énormément de produits harpons, parfois peu rentables, afin de fidéliser la clientèle assurancielle de Groupama.»
Par ailleurs, «il y a aussi des zones d’ombres sur l’intégration chez Orange. Le groupe veut créer une offre bancaire où le client est totalement autonome, sans ou avec peu de contact humain. Mais les commerciaux dans les points de vente Orange seront probablement encouragés à vendre des comptes bancaires». Seulement, pour le service après-vente, l’idée est «de faire peu appel au réseau physique et de rediriger les clients vers les interfaces numériques comme l’outil IBM Watson».
Orange Bank prendra-t-elle autant de retard que la banque mobile de La Banque Postale ? Cette dernière avait promis début 2016 de sortir une offre «mobile first» début 2017, puis a repoussé l’échéance à l’automne 2018. Elle s’est récemment offert les services de la banque polonaise MBank. «Sans conseil humain, les clients veulent une offre aussi efficace que celle d’Amazon. Or, l’informatique des banques n’est pas au niveau car ces dernières ont plutôt investi dans le front-office (agences, site web, réseaux sociaux)», commente Philippe Auther.
Plus d'articles du même thème
-
DFNS fait peau neuve pour séduire les banques
La fintech DFNS spécialisée dans la fourniture de wallets crypto sécurisés se positionne comme fournisseur de core-banking système pour la finance on-chain. -
Wise plonge en Bourse à cause d’une enquête pour blanchiment en Belgique
La fintech a indiqué répondre à des questions de la justice belge après que des informations de presse ont fait état d’une enquête pour blanchiment. L’action, récemment cotée au Nasdaq, accuse le coup. -
EXCLUSIFLa spécialiste de l'IA Pivot lève 40 millions de dollars
La fintech française est spécialiste des systèmes d'exploitation d'intelligence artificielle destinés aux équipes achats des entreprises. Depuis sa création en 2023, elle a levé 70 millions de dollars.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- Les derniers comptes des ACM valorisent Ardian à 5,9 milliards d'euros
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Des institutionnels réclament l'harmonisation du droit des actionnaires en Europe
- La FTN sélectionne 14 fonds pour leur confier 39,5 milliards de couronnes suédoises en actions small-cap
- HUK-Coburg quitte la coalition Net-Zéro des investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
A l’attaqueLes chinois Anta et Li-Ning prêts à tacler Adidas et Nike
Après avoir consolidé leur place sur leur propre marché, les équipementiers chinois prennent pied aux Etats-Unis -
Les Etats-Unis veulent instaurer de nouveaux droits de douane, au nom de la lutte contre le travail forcé
Désavouée par la justice, l'administration Trump souhaite imposer de nouveaux droits de douane de 10 à 12,5 % à une soixantaine de partenaires commerciaux, dont l'Union européenne. Washington leur reproche de ne pas s'attaquer au problème du travail forcé -
Market logicPlacements : ignorez le bruit des tarifs douaniers, les valeurs boursières le feront
Rien n’influence davantage les marchés actions que les surprises. Or, la terreur des tarifs douaniers a perdu son effet de surprise, quoi que décide Donald Trump à l’avenir