BPCE accélère la transformation de sa banque de détail
En amont de son plan stratégique 2018-2020 qui sera présenté le 29 novembre, BPCE a dévoilé hier les grands axes de la transformation de son modèle de «banque de proximité». L’expression recouvre les activités de banque de détail (Caisses d’Epargne, Banques Populaires, Crédit Foncier, etc) et les services financiers spécialisés de sa filiale Natixis, soit 70% des 23,4 milliards d’euros de produit net bancaire générés en 2016.
Pour s’adapter «aux nouvelles attentes des clients» dans «un environnement de rupture technologique», BPCE veut réaliser un milliard d’euros d’économies en année pleine en 2020 (dont 250 millions déjà annoncés chez Natixis), après les 900 millions d’euros du plan 2014-2017 (déjà atteints à 76% à fin 2016). En parallèle, le groupe mutualiste va investir 790 millions d’euros dans sa transformation opérationnelle (dont 220 millions chez Natixis), c’est-à-dire dans les «migrations informatiques» de certaines entités et la «modernisation des systèmes d’information». Il débloquera aussi 750 millions d’euros pour ses chantiers digitaux.
BPCE ne compte pas tailler massivement son réseau d’agences. Il veut en supprimer 5%, soit environ 400, comme au cours du plan 2014-2017. «Désarmer notre réseau ne serait absolument pas rationnel», a déclaré hier François Pérol, le président du directoire de BPCE, qui estime que les «conseillers du réseau seront les principaux vecteurs de la banque à distance». Si des regroupements sont prévus dans les villes, en zone rurale «nous ne sommes pas les plus pressés de laisser la place au Crédit Agricole et au Crédit Mutuel», ajoute le dirigeant. BPCE veut porter de 11% à 40% le taux de ventes à distance.
Fusions régionales
Pour améliorer la qualité de la relation clients, où «en moyenne nous ne sommes pas suffisamment bien placés», le groupe souhaite augmenter de 50% le nombre de conseillers spécialisés et passer de 12 à 40 segments de clientèle grâce à l’analyse plus fine des «data». Afin d’augmenter sa force de frappe locale, notamment auprès des ETI, BPCE prépare aussi de nouvelles fusions régionales dans l’Ouest et l’Est, pour passer de 29 à 19 Banques Populaires et Caisses d’Epargne. Dans le cadre de ces rapprochements, «il peut y avoir des plans de départs volontaires», concède François Pérol. Pour le reste, «nous remplacerons un peu moins de deux départs sur trois», sur les 11.000 salariés qui partiront à la retraite ou naturellement sous trois ans, précise-t-il. La transformation du modèle de relation représentera 32% des 750 millions d’euros d’économies attendus dans la banque de détail. Un autre petit tiers proviendra de l’immobilier et des achats et les 36% restants de la rationalisation des structures et de l’informatique.
Enfin, le groupe a détaillé son plan d’action digital qui mobilisera 1.000 salariés (dont 10% recrutés à l’extérieur) autour de projets renouvelés tous les six mois. Avec un seul mot d’ordre : «faire simple partout». Dépourvu de banque en ligne, BPCE lancera en fin d’année en France l’offre collaborative de Fidor, une fintech allemande rachetée l’été dernier. Une réponse au lancement prochain d’Orange Bank.
Pour autant, la nouvelle feuille de route ne dit rien des ambitions commerciales du groupe qui seront détaillées fin novembre. Pour 2014-2017, BPCE visait 1 million de clients bancarisés principaux supplémentaires parmi les plus de 25 ans, sur un total de 8,2 millions à fin 2013. Un objectif «trop ambitieux», mais fin 2017 «on sera à 700.000 en plus, ce n’est pas si mal», estime François Pérol.
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