BPCE change d’organisation pour s’adapter au digital
Le digital est partout, BPCE s’adapte. C’est ce qu’a expliqué François Pérol, son président, lors du Paris Fintech Forum organisé hier et aujourd’hui au palais Brongniart. Après la nomination d’Yves Tyrode comme chief digital officer en septembre dernier, c’est toute l’organisation du groupe qui mute pour intégrer les bouleversements liés au digital. BPCE a ainsi créé une «digital factory» qui réunit des compétences issues de l’informatique, des métiers, des risques, de l’expérience client, du data. Entre 800 et 1.000 personnes seront impliquées de la conception au développement et à l’industrialisation des capacités digitales du groupe, et organisées dans six ou sept «digital centers» situés en France et à Berlin. «Nous changeons l’organisation des systèmes d’information de façon à créer un mouvement collectif qui s’appuie sur les moyens digitaux et sur les compétences du groupe», a-souligné François Pérol. Le groupe en dira plus le 21 février, lors d’une conférence de presse sur la transformation de son réseau bancaires. Les syndicats, eux, indiquent ne pas être encore informés.
Outre la mise à disposition d’applications mobiles (9 millions de téléchargements) et le déploiement d’une infrastructure de signature électronique (110.000 opérations par jour), le dirigeant est revenu sur le rapport de la banque avec les fintechs «partenaires et concurrents, qui constituent une partie de notre R&D, et auxquelles nous pouvons apporter du capital, des capacités technologiques, des capacités de distribution et des capacités réglementaires». La stratégie de BPCE passe notamment par des prises de participations via Seventure, filiale de capital-risque de sa banque de gros Natixis, qui a créé un fonds d’investissement dans les fintechs, ou par des acquisitions, surtout dans le paiement avec Le Pot Commun, Depopass, mais aussi PayPlug (en négociation exclusive), ou encore Fidor, la banque en ligne communautaire allemande rachetée durant l'été 2016.
Dans un entretien croisé avec Matthias Kroener, le patron de Fidor, les deux partenaires ont justifié leur rapprochement : Fidor a un besoin fondamental de fonds propres pour poursuivre son développement en B2C ou en vendant sa technologie, tandis que le groupe bancaire compte accélérer sa transformation au contact de la fintech dont le credo est, selon son fondateur : «Tout ce que nous faisons doit êre transposé en code informatique, sinon ça n’a pas de valeur.»
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