Sur Ubisoft, Vivendi n’a pas la faveur du marché
Vivendi saura aujourd’hui, lors de l’assemblée générale d’Ubisoft, s’il peut espérer s’imposer comme partenaire de la famille Guillemot dans la gouvernance du groupe de jeux vidéo.
Le nécessaire soutien du marché risque de lui faire défaut.
Vivendi n’a pas demandé une recomposition du conseil tenant compte de sa forte participation. Mais il peut le faire en AG même.
Avec plus de 22% du capital et de 20% des droits de vote, le géant des médias est déjà le premier actionnaire d’Ubisoft.
Les Guillemot, déterminés à lui résister, ne sont que le second, avec moins de 20% des droits de vote.
Mais ils ont des allés : BPI France, qui vient de céder à Ubisoft un bloc de 3,2% de son propre capital, et nombre de gérants.
Ceux-ci sont hostiles à Vincent Bolloré car celui-ci n’aime guère dédommager les minoritaires.
Ceux-ci n’entendent donc pas lui ouvrir la porte du conseil sans contrepartie, une OPA en bonne et due forme.
Or le recordman incontesté des prises de contrôle rampantes, qu’il pratique avec bonheur depuis 25 ans, a écarté cette hypothèse au printemps.
Du fait de ce rapport de forces incertain, il n’est pas sûr que Vivendi sorte du bois aujourd’hui.
Reste à savoir s’il peut espérer un moment plus favorable.
Car ce grignotage, déjà plutôt ridicule quand on songe que Vivendi possédait naguère l’un des deux géant des jeux vidéo Activision Blizzard, pourrait avoir en cas de succès des conséquences fâcheuses dans un secteur aussi volatile.
Tout à sa volonté de ne pas surpayer, Vincent Bolloré bride le développement de Vivendi.
Le contraste avec un John Malone, qui s’est offert pour plus de 4 milliards de dollars le contrôle de la F1, un spectacle d’envergure mondial, n’en est que plus saisissant.
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