Stellantis fâche le Canada avec ses projets d’investissement aux Etats-Unis

Mercredi 15 octobre, Ottawa a brandi la menace d’une action en justice contre le constructeur automobile Stellantis, après que ce dernier a annoncé le transfert de la production d’un de ses modèles vers une usine américaine.
stellantis USA / L'usine d'assemblage Stellantis Sterling Heights à Sterling Heights, Michigan, États-Unis
L'usine d'assemblage de Stellantis à Sterling Heights, Michigan, États-Unis  -  © Bloomberg / Jeff Kowalsky

Le gouvernement canadien n’a pas goûté les récentes annonces de Stellantis. Mardi, le groupe automobile dévoilait un investissement de 13 milliards de dollars aux États-Unis, une initiative qui, selon l’entreprise, permettra de commercialiser cinq nouveaux modèles. Dans le cadre de ce projet, la production du Jeep Compass sera transférée de l’usine de Brampton, dans la province canadienne de l’Ontario, vers l’Illinois.

Cette délocalisation a rapidement fait réagir Ottawa. La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a envoyé une lettre, dont une copie a été consultée par Reuters, à Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, rappelant que l’entreprise avait accepté de maintenir sa présence au Canada en échange d’un soutien financier important.

«Tout manquement à cet engagement sera considéré comme une violation de notre accord», écrit Mélanie Joly. Si Stellantis ne respecte pas son engagement, le Canada «exercera toutes les options à sa disposition, y compris juridiques».

Le Canada inquiet pour son industrie automobile

Stellantis avait suspendu la modernisation de l’usine de Brampton en février, peu après l’annonce par Donald Trump des droits de douane sur les produits canadiens, bouleversant la très intégrée industrie automobile nord-américaine.

Dans une déclaration faite mardi soir, le premier ministre canadien Mark Carney a déclaré qu’Ottawa avait clairement indiqué attendre du groupe qu’il respecte les engagements pris envers les travailleurs de l’usine.

Sur les réseaux sociaux, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a de son côté indiqué avoir fait part de sa déception à Stellantis. Sa province, qui représente environ 40% du PIB national, est le cœur industriel du Canada.

La porte-parole de Stellantis Canada, LouAnn Gosselin, a déclaré que l’entreprise continuait d’investir au Canada et qu’elle souhaitait ajouter une troisième équipe dans l’usine ontarienne de Windsor. Dans un mail envoyé à Reuters, elle insiste sur l’importance du Canada pour le constructeur : “Nous avons des projets pour Brampton et nous les partagerons après avoir discuté plus en détail avec le gouvernement canadien.”

(Avec Reuters)

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