La menace se fait de plus en plus tangible pour l’industrie automobile. Le président américain a dévoilé mercredi son intention d’appliquer des droits de douane généralisés à l’ensemble des importations américaines de véhicules.
En réaction à cette annonce, les actions Toyota et Mazda ont chuté de 2,3% et 5,8% à la Bourse de Tokyo. En Corée du Sud, Hyundai et Kia ont abandonné 4,3% et 3,7%, respectivement. En Europe, Stellantis perdait 5% jeudi en début de matinée, Volkswagen reculait de 4%, Mercedes de 5% et BMW de 4,3%. Les équipementiers Forvia et Valeo plongeaient de près de 6%.
Les nouvelles taxes sur les voitures et les camions légers entreront en vigueur le 3 avril, soit le lendemain du jour où Donald Trump prévoit d’annoncer des droits de douane réciproques visant les pays responsables de la majeure partie du déficit commercial américain. Elles s’ajoutent aux droits déjà introduits sur l’acier et l’aluminium, ainsi que sur les produits en provenance du Mexique, du Canada et de la Chine.
En 2024, les États-Unis ont importé pour 474 milliards de dollars de produits automobiles, dont 220 milliards de dollars de voitures de tourisme. Le Mexique, le Japon, la Corée du Sud, le Canada et l’Allemagne, tous alliés proches des États-Unis, étaient les principaux fournisseurs.
Mesures de rétorsion
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décrit cette mesure comme «mauvaise pour les entreprises, pire pour les consommateurs», tandis que le premier ministre canadien, Mark Carney, a qualifié les tarifs douaniers d’»attaque directe» contre les travailleurs canadiens et a déclaré que des mesures de rétorsion étaient envisagées. «Nous défendrons nos travailleurs, nous défendrons nos entreprises, nous défendrons notre pays, et nous le défendrons ensemble», a-t-il déclaré aux journalistes à Ottawa.
Le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, a déclaré que Tokyo mettrait «toutes les options sur la table» pour traiter les nouveaux tarifs douaniers, et la Corée du Sud a annoncé qu’elle mettrait en place une réponse d’urgence pour son industrie automobile durement touchée d’ici avril.
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a déclaré que Donald Trump risquait d’endommager l'économie américaine avec des tarifs douaniers supplémentaires. «Le protectionnisme ne profite à aucun pays du monde», a déclaré Lula jeudi lors d’une conférence de presse à Tokyo, promettant de déposer une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce concernant une taxe commerciale sur l’acier brésilien.
Le président américain voit les tarifs douaniers comme un outil pour augmenter les recettes afin de compenser les réductions d’impôts promises et pour revitaliser une base industrielle américaine en déclin depuis longtemps. Cependant, de nombreux experts commerciaux s’attendent à une hausse initiale des prix et à une baisse de la demande, ce qui nuirait à une industrie automobile mondiale déjà ébranlée par l’incertitude causée par les menaces et les revirements rapides de Donald Trump en matière de tarifs douaniers.
«Les tarifs douaniers imposés aujourd’hui rendront plus coûteuse la production et la vente de voitures aux États-Unis, entraînant finalement des prix plus élevés, moins d’options pour les consommateurs et moins d’emplois dans la fabrication aux États-Unis», a estimé Jennifer Safavian, PDG d’Autos Drive America, un groupe commercial représentant les constructeurs automobiles étrangers, dans un communiqué.
Jeudi matin, Donald Trump a par ailleurs déclaré qu’il pourrait imposer des tarifs douaniers plus importants à l’UE et au Canada s’ils s’unissaient pour riposter. «Si l’Union européenne s’associe au Canada pour nuire économiquement aux États-Unis, des tarifs douaniers à grande échelle, bien plus importants que ceux actuellement prévus, seront imposés aux deux pour protéger le meilleur ami que chacun de ces deux pays ait jamais eu», a-t-il déclaré dans un message sur Truth Social.
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