Toyota trébuche en dépit de meilleures prévisions
Toyota a revu le 4 août à la hausse de 13% ses prévisions de résultat d’exploitation annuel afin de tenir compte d’un yen nettement plus faible, et a annoncé un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 1.000 milliards de yens (5,51 milliards d’euros).
Plusieurs indicateurs fondamentaux des résultats du plus grand constructeur automobile mondial manquent toutefois de vigueur. Toyota a en effet enregistré une baisse de 9% de son résultat d’exploitation au premier trimestre, ce qui marque son cinquième trimestre consécutif de recul et le situe légèrement en deçà des attentes. Le groupe a été pénalisé par la chute des ventes en Chine, tandis que la guerre en Iran a pesé sur les ventes au Moyen-Orient et entraîné une hausse des coûts des matières premières et des pièces détachées.
Toyota a également précisé que sa révision à la hausse ne tenait pas compte de l’impact du séisme meurtrier qui a frappé l’île japonaise de Kyushu la semaine dernière, l’obligeant à interrompre la production dans quatre usines du pays. L’action du constructeur automobile a clôturé mardi en baisse de 1,5 %.
Le constructeur automobile japonais table désormais sur un résultat d’exploitation de 3.400 milliards de yens (18,72 milliards d’euros) pour l’exercice en cours, qui s’achèvera fin mars, après avoir fortement revu à la hausse ses hypothèses de change, passant de 150 à 160 yens pour un dollar.
Glissement de la consommation chinoise
« Outre la révision de nos hypothèses de change, nous avons progressivement amélioré nos efforts de commercialisation, notamment grâce à une augmentation des ventes soutenue par la mise en place d’itinéraires logistiques alternatifs vers le Moyen-Orient », a indiqué Toyota dans un communiqué.
Le groupe a revu à la baisse son estimation de l’impact de la guerre en Iran (hausse des coûts des matières premières telles que l’aluminium, retards de livraison, baisse des volumes de vente et soutien aux fournisseurs), le ramenant à 510 milliards de yens pour cet exercice, contre une prévision antérieure de 670 milliards de yens. Cela reste malgré tout l’un des impacts liés à la guerre jamais divulgués par une entreprise mondiale à ce jour.
Dans l’ensemble, les ventes mondiales de Toyota ont reculé de 3,5% au cours du trimestre. Le constructeur a été particulièrement touché en Chine, le plus grand marché automobile mondial, où ses ventes ont chuté de 28%.
A l’instar de nombreux constructeurs automobiles étrangers présents sur ce marché, Toyota a vu ses ventes souffrir du ralentissement de la croissance économique et d’un glissement marqué vers les marques nationales de véhicules électriques, qui ont pris le dessus grâce à des fonctionnalités séduisantes — une tendance qui n’a fait que s’accentuer à mesure que la guerre en Iran fait grimper les prix de l’essence.
Nouveau programme de rachat d’actions
Les ventes au Moyen-Orient ont également chuté en raison de la guerre, reculant d’un tiers. Mais Takanori Azuma, directeur de la division comptabilité de Toyota, a déclaré que le constructeur était désormais en mesure de transporter des véhicules par voie terrestre sans passer par le détroit d’Ormuz et qu’à partir de septembre, il s’attendait à ce que 25% de ses exportations vers la région soient affectées, contre une estimation initiale de 50% pour l’ensemble de l’année.
Aux Etats-Unis, principal marché de Toyota, les ventes n’ont progressé que de 1%. Le constructeur automobile reste à la traîne par rapport à Ford, GM et Stellantis, qui ont bénéficié d’une forte demande pour les pick-up à forte marge.
Le projet de Toyota s’accompagne de rachats d’actions pour un montant pouvant atteindre 1.000 milliards de yens, l'équivalent de 4,22 % des actions en circulation. L’enveloppe est comparable au programme de rachat annoncé il y a trois ans. Le constructeur prévoit également d’annuler 200 millions d’actions.
Toyota a relevé son objectif annuel de livraisons de véhicules de 100.000 unités pour le porter à 9,7 millions, invoquant une demande solide en Amérique du Nord et en Europe, qui comptent parmi les rares marchés où le groupe a enregistré une croissance de ses ventes au cours du deuxième trimestre.
(avec Reuters)
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