Automobile, aéronautique, acier : les gagnants et les perdants de l’accord douanier avec les Etats-Unis
Washington et Bruxelles ont fini par s’entendre sur un accord douanier. La plupart des produits exportés de l’Union européenne vers les Etats-Unis seront taxés à hauteur de 15%. C’est nettement plus que les quelques points de pourcentage qui prévalaient avant avril dernier mais c’est deux fois moins que le taux de 30% qui aurait pu être appliqué le 1er août en l’absence d’accord.
De nombreuses précisions doivent encore être apportées mais, selon des déclarations d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et du président américain Donald Trump, certains secteurs d’activité semblent d’ores et déjà tirer leur épingle du jeu alors que d’autres sont plus menacés.
Les constructeurs et équipementiers aéronautiques ainsi que certains produits chimiques, certains médicaments génériques, les équipements pour les semiconducteurs, les ressources naturelles, quelques produits agricoles et les matières premières critiques sont totalement exemptés de droits, a indiqué Ursula von der Leyen.
L’automobile en profite, pas la défense
Le secteur automobile sera, lui, taxé, mais au même taux que les autres produits, soit 15%, alors qu’il subissait jusqu’à présent d’un droit spécial de 25%. En réaction, Stellantis, Volkswagen, BMW et Mercedes ont débuté la séance boursière en forte hausse avant de tomber dans le rouge, les investisseurs préférant sans doute prendre des bénéfices après la bonne dynamique des derniers jours.
La pharmacie et les semiconducteurs, qui semblaient particulièrement dans le viseur de Donald Trump, seront également imposés à hauteur de 15%, a précisé la présidente de la Commission européenne, même si Donald Trump a semblé indiquer que les produits pharmaceutiques n’étaient pas couverts, a rapporté Reuters. STMicroelectronics grimpait de 2,7% et le néerlandais ASML bondissait de 3,8%.
A l’inverse, l’acier et l’aluminium resteront taxés à hauteur de 50% mais Ursula von der Leyen a évoqué une prochaine suppression de ces droits de douane, qui seraient remplacés par un système de quotas.
Le secteur des vins et spiritueux reste pour sa part dans l’inconnu. La présidente de la Commission a indiqué qu’aucune décision n’avait été prise à ce stade pour ses produits. En milieu de journée, les actions Pernod Ricard et Rémy Cointreau reculaient de 2%.
En Bourse, le secteur européen de la défense apparaît comme l’autre grand perdant des annonces dévoilées dimanche soir. Au-delà de l’aspect commercial, Donald Trump a indiqué que les pays européens s’engageaient à acheter pour d’importants montants de matériels militaires américains, sans préciser de chiffres. Alors que le Vieux continent augmente fortement ses dépenses de défense, les observateurs s’attendaient à ce qu’une large part de ce surplus soit dirigée vers des entreprises européennes. Une perspective qui pourrait donc être en partie remise en cause.
A Paris, Thales chutait de plus de 3% pendant que l’italien Leonardo abandonnait 1,4% et que l’allemand Rheinmetall reculait de 2,1%.
Les marchés dans le vert
Au global, les investisseurs applaudissent malgré tout l’annonce de cet accord. A défaut de diminuer les droits de douane qui se situent à 10% depuis avril dernier, il réduit l’incertitude qui pesait sur le moral économique des pays européens.
En début d’après-midi, l’Euro Stoxx 50 gagnait 0,7%, le CAC 40 0,4% et le Dax 0,1%. Le cours du pétrole était également orienté à la hausse, à plus de 69 dollars le baril. L’euro s’inscrivait en revanche en net repli, à 1,165 dollar.
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