Renault vise plus de 10 milliards d’euros de ventes pour Ampere en 2025
Le constructeur automobile Renault a présenté mercredi la stratégie et les perspectives d’Ampere, son entité dédiée aux véhicules électriques et aux logiciels qu’il prévoit toujours d’introduire en Bourse au premier semestre de l’année prochaine.
Ampere, dont le détourage de Renault a été réalisé avec succès le 1er novembre dernier, ambitionne de devenir le principal challenger de Tesla et des constructeurs automobiles chinois sur le marché européen des véhicules électriques.
Le but d’Ampere est de «démocratiser le véhicule électrique en Europe» en diminuant les prix des modèles grâce à des efforts portés sur la réduction des coûts de production, a déclaré Thierry Piéton, le directeur financier de Renault, lors d’une conférence avec des journalistes. «Notre objectif est d’atteindre entre 2025 et 2028 la parité des prix entre les véhicules électriques et thermiques dans les segments B et C», regroupant les véhicules compacts et de taille moyenne, a ajouté le dirigeant.
Pour satisfaire cette ambition, Ampere compte vendre environ 1 million de véhicules en 2031 et ainsi faire passer son chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros en 2023 à plus de 10 milliards d’euros en 2025, puis à plus de 25 milliards d’euros dans huit ans.
En 2025, la gamme d’Ampere sera constituée de quatre véhicules - Scenic E-Tech, Renault 5, Renault 4 et «Legend» - puis sera enrichie de trois modèles d’ici à 2031. Ampere dispose déjà de deux plateformes dédiées aux véhicules électriques, AmpR Small et AmpR Medium, ainsi que de quatre usines de fabrication situées à Douai, Maubeuge, Ruitz et Cléon. La capacité de cet outil industriel s'établit à 400.000 unités par an, extensible jusqu'à 620.000 unités par an d’ici à 2028.
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Renault ne bradera pas Ampere
Ampere, qui emploie 11.000 personnes, dont 35% d’ingénieurs, a aussi pour objectif d'être à l'équilibre en matière de marge opérationnelle et de flux de trésorerie disponible en 2025, avant d’atteindre une marge opérationnelle de 10% à partir de 2030. Le point mort d’Ampere, soit le nombre de véhicules vendus à partir duquel l’entreprise atteint l'équilibre opérationnel, se situe à 300.000 unités, a indiqué Thierry Piéton.
Alors que sa consommation cumulée de trésorerie devrait s'élever, au maximum, à 1,5 milliard d’euros sur la période couvrant l’année 2024 et le premier semestre de 2025, Ampere compte convertir 80% de sa marge opérationnelle en flux de trésorerie disponible en 2031.
Renault a également confirmé son projet de réaliser l’introduction en Bourse d’Ampere au premier semestre de 2024, «sous réserve de conditions de marché favorables».
«Nous ne braderons pas Ampere» et Renault ne réalisera cette opération «que si la valorisation que nous pensons obtenir pour la société s’avère relativement certaine», a souligné Thierry Piéton. «Le groupe Renault génère plus de trésorerie opérationnelle qu’il n’en a jamais généré en rythme annuel et dispose donc des ressources pour financer Ampere si les conditions pour son introduction en Bourse étaient défavorables», a-t-il poursuivi.
Nissan et Mitsubishi, les deux partenaires de Renault au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, se sont engagés à investir jusqu'à, respectivement, 600 millions et 200 millions d’euros au capital d’Ampere. Pour l’heure, la part du capital d’Ampere que détiendront Nissan et Mitsubishi à la suite de leurs investissements n’est pas connue. Qualcomm Technologies envisage également d’investir dans la structure, selon Renault.
A la Bourse de Paris, l’action Renault avançait de 1,8% mercredi en milieu de journée dans un marché en hausse de 0,5%.
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